Riss : dans les années 1970, les dessins de Cabu n'étaient "pas mieux reçus que maintenant"

Riss, le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, a signé la préface de "Cabu s'est échappé", qui sort jeudi en librairie. Gilbert Chevalier l'a rencontré pour franceinfo.

Riss photographié à Paris le 24 février 2015.
Riss photographié à Paris le 24 février 2015. (BERTRAND GUAY / AFP)

Certains ont déjà été publiés dans Charlie Hebdo ou dans Hara Kiri. D'autres sont inédits. Le livre Cabu s'est échappé, qui sort en librairie ce jeudi 15 septembre, compile des centaines de dessins, retrouvés et sélectionnés par des proches du dessinateur après sa mort, survenue lors de l'attentat du 7 janvier 2015.

L'occasion de redécouvrir l'humour incroyablement irrespectueux de Cabu. Riss, le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, a signé la préface de l'ouvrage.

franceinfo : Certains des dessins dans ce livre ont plus de quarante ans. Ils sont trash, ils sont politiques. C'est de l'humour noir. On se dit que c'était une époque incroyablement libre...

Riss : J'ai discuté de cette époque-là avec Cabu et je ne suis pas sûr que ces dessins étaient mieux reçus que maintenant. Je pense qu'on idéalise un peu les années 1970 : on pense qu'il y avait plus de libertés. Mais ces libertés, Charlie Hebdo et Hara Kiri les ont prises. Ils n'ont pas attendu que la société leur donne l'autorisation. Il y avait aussi des polémiques. Il y avait aussi énormément de procès. Il ne faut pas croire que toute la France adhérait à cet humour.

Les politiques en prennent pour leur grade dans ces dessins. Plus qu'aujourd'hui...

Curieusement, ce ne sont pas tellement des politiques que venaient les protestations. Pendant la campagne électorale de 1974, Valéry Giscard d'Estaing avait dit que jamais il ne poursuivrait des dessins satiriques. Charlie Hebdo s'en est donné à cœur joie...

Je crois que ça fait bien longtemps que les politiques ne poursuivent plus les dessins satiriques. Ce sont plutôt les sujets de société comme la mort et le sexe qui sont encore des sujets tabous.

Riss interviewé par Gilbert Chevalier
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