La romancière et journaliste Maryse Wolinski, veuve du dessinateur du même nom, est morte

C'était une "fine observatrice de la société" et une militante "implacable de la liberté d'expression et des valeurs républicaines et démocratiques face à l'obscurantisme", selon sa maison d'édition, Seuil.

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Maryse Wolinski à Fenouillet (Pyrénées-Orientales), le 13 juin 2015. (REMY GABALDA / AFP)

La romancière et journaliste Maryse Wolinski, veuve du dessinateur Georges Wolinski, tué dans l'attentat contre Charlie Hebdo, est morte jeudi 9 décembre à l'âge de 78 ans. "Les Editions du Seuil ont la grande tristesse de faire part de la disparition de Maryse Wolinski, à Paris, le 9 décembre", a annoncé la maison d'édition.

En 2020, alors en promotion de son livre "Au risque de la vie", Maryse Wolinski avait révélé souffrir d'un cancer des poumons.

Née Maryse Bachère à Alger, originaire du Lot-et-Garonne, elle a été mariée pendant 43 ans avec le dessinateur tué en janvier 2015. Ils ont eu une fille, Elsa. 

Après une carrière dans la presse, en commençant par Sud-Ouest à Bordeaux et en passant par Le Journal du dimanche, Elle ou Le Monde-Dimanche, elle s'est consacrée à la littérature. Dans Au diable Vauvert (1988), Le Maître d’amour (1992), Lettre ouverte aux hommes qui n’ont rien compris aux femmes (1993) ou La Femme qui aimait les hommes (1998), elle développe ses thèmes de prédilection : la famille, l'intimité, l'amour et le désamour. 

Trois livres consacrés à son mari 



Après la mort de son mari Georges Wolinski, elle lui consacre trois livres publiés aux éditions du Seuil (Chérie, je vais à Charlie, en 2016, Le goût de la belle vie, en 2018, et Au risque de la vie en 2020. 

"Je crois que j'ai eu la chance de ma vie", confiait Maryse Wolinski en parlant de sa rencontre avec son mari. "Je dois dire que ça a enchanté ma vie, d'ailleurs, il a fait ma vie. J'avais 20 ans quand je l'ai rencontré, il m'a appris la liberté. Je veux dire qu'il m'a presque créée (...) Cet homme-là m'a poussée dans la vie."

Au procès de l'attentat de Charlie Hebdo fin 2020 devant la cour d'assises spéciale de Paris, elle était partie civile. Mais avant l'ouverture des débats, elle avait affirmé que l'audience ne répondrait pas à ses questions sur "les dysfonctionnements" de la police et de l'antiterrorisme. 

Elle déplorait que la sécurité n'ait pas été à la hauteur autour d'une rédaction régulièrement menacée pour ses critiques contre l'islam. "Qui avait donc pris la décision d'alléger le dispositif de protection, et pourquoi? (...) Il y a eu des failles dans la sécurité de Charlie Hebdo et elles sont nombreuses", écrit-elle dans "Chérie, je vais à Charlie".

Les éditions du Seuil l'ont décrite comme une "fine observatrice de la société" et une militante "implacable de la liberté d'expression et des valeurs républicaines et démocratiques face à l'obscurantisme"Maryse Wolinski "fut aussi très attentive aux mouvements féministes et à la place des femmes dans la société", a rappelé la maison d'édition. Elle salue "l'élégance de son courage, l'obstination de sa pensée et des valeurs qui l'animaient".

Maryse Wolinski a activement soutenu un projet auquel son mari était très attaché : la création d’une "Maison européenne du dessin de presse". Mercredi, Elsa Wolinski avait salué sur Instagram la façon dont sa mère affrontait sa mort prochaine "avec vaillance et élégance".

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