En Turquie, les appels au boycott des produits français sont peu suivis

Le pouvoir turc a vivement réagi à la publication d'une caricature du président turc en une de "Charlie Hebdo". Ankara a relayé l'appel au boycott des produits français, sans succès auprès de la population.  

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Radio France
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Les produits français n'ont pas disparu des rayons dans les supermarchés turcs.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

"Attaques ignobles", "vauriens", le président turc a usé de mots forts pour qualifier la dernière une de Charlie Hebdo. Les relations diplomatiques entre la Turquie et la France sont loin de s’améliorer : Emmanuel Macron est accusé d’islamophobie et un appel au boycott des produits français a été relayé par le pouvoir d’Ankara.

Un appel vu comme une querelle entre dirigeants

Mais dans la réalité, les paquets de Vache qui rit, les shampoings L’Oréal, ou encore les rasoirs Bic, aucun de ces produits n’a été retiré des magasins à Istanbul. Beaucoup de commerçants ne voient pas vraiment pourquoi il faudrait suivre cet appel au boycott. Certains n’en ont même jamais entendu parler. "En tant que commerçant, je suis contre le boycott, affirme Kadir, gérant d'une épicerie dans un quartier du centre-ville, où de nombreux étrangers habitent. Les dirigeants doivent s’accorder entre eux. Ce n’est pas aux commerçants d’être responsables de ça." Pour ce Stambouliote plutôt conservateur, le boycott des produits français n’a pas d’intérêt. Mais il en veut à Emmanuel Macron, et estime que le président français fait de la provocation politique : "Pourquoi, pour récupérer quelques votes, on se blesse les uns les autres ? Pourquoi je boycotterais ? Cela n’a aucun sens. On peut parler et échanger plutôt !"

Un boycott pas toujours pris au sérieux

Certains Turcs rient de l’idée du boycott, plus ou moins sérieusement : "On n’a qu’à brûler notre voiture Peugeot", plaisante un jeune. "Que voulez-vous qu’on boycotte, on n’a déjà plus d’argent pour acheter quoi que ce soit", confie cet habitant plus âgé, qui se repose sur un banc. Quelques rues plus loin, dans un quartier conservateur et assez religieux, deux amies, sont, en revanche convaincues par cet appel : "Je suis pour le boycott jusqu’au bout. Je suis derrière mon président. Et je vous recommande également de suivre le boycott. Tefal, c’est français ?, se demande-t-elle à voix haute. Oui, c’est ça."

Il y a aussi les produits d’entretien français, nous en avons discuté en famille et avons décidé de ne plus en acheter.

Une Stambouliote

à franceinfo

"Il y a également les parfums : Chanel, Dior. J’adore Chanel, mais j’en utilise plus ! J’ai une bouteille à la maison, mais je ne vais plus m’en servir."
Cet appel au boycott parait finalement peu suivi et ne semble pas faire partie de la priorité des Turcs aujourd’hui, surtout face à une crise monétaire et économique forte renforcée par l’épidémie de Covid-19.

Pas de boycott des produits français en Turquie : écoutez le reportage de Noémie Bonnin
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