"Charlie Hebdo" : "On se moque de Nadine Morano, pas des handicapés", explique la dessinatrice Coco

A la suite de la couverture polémique publiée mercredi, qui décrit Nadine Morano comme "la fille trisomique cachée de De Gaulle", la dessinatrice Coco défend le choix du journal.

La une de l\'hebdomadaire satirique \"Charlie Hebdo\", le 7 octobre 2015.
La une de l'hebdomadaire satirique "Charlie Hebdo", le 7 octobre 2015. (MAXPPP)

Choquant ou habituel ? Dans son dernier numéro publié mercredi 7 octobre, Charlie Hebdo fait sa une avec un dessin de Nadine Morano en bébé, dans les bras du général de Gaulle. L'auteur du dessin, Riss, légende sa caricature par : "Morano, la fille trisomique cachée de De Gaulle" , en référence à Anne de Gaulle, née en 1928 et morte à 20 ans.

Depuis sa publication, le dessin a suscité de nombreuses réactions indignées de la part d'internautes et de personnalités politiques. Ils dénoncent une caricature blessante pour les personnes atteintes de trisomie et leurs proches. Dans une tribune publiée mercredi sur L'Express.fr, une lectrice du journal satirique et mère d'une fillette atteinte de trisomie 21 dit avoir été blessée : "Tu fais du mal à tous les proches de personnes trisomiques. Laisse-moi te dire quelque chose (...) : la bêtise, c'est le racisme, c'est l'intolérance, c'est Morano. La bêtise, ce n'est pas la trisomie."

Une "blague potache"

Contactée par francetv info, Coco, dessinatrice à Charlie Hebdo, déplore cette polémique : "C'est une blague potache comme le journal en a toujours fait, sur une ligne caustique et ironique, explique-t-elle. Il y a une lecture du dessin au premier degré qui est affligeante."

La dessinatrice Coco au stand de Charlie Hebdo lors de la fête de l\'Humanité en septembre 2015.
La dessinatrice Coco au stand de Charlie Hebdo lors de la fête de l'Humanité en septembre 2015. (LIONEL URMAN/SIPA)

Elle rappelle que le journal ne vise pas les handicapés, mais bien Nadine Morano et ses propos polémiques sur la "race blanche", qui lui ont coûté sa place aux élections régionales"Je comprends les remarques, mais on critique méchamment Nadine Morano, pas les handicapés. D'ailleurs, ils ne sont même pas dessinés." Depuis les attentats du 7 janvier, Charlie Hebdo est devenu un symbole de la liberté d'expression, mais "malgré nous", précise-t-elle. "On a l'impression que certains lecteurs découvrent notre humour, alors qu'on n'a pas changé."