Les dessins de jeunesse de Cabu à découvrir à Châlons-en-Champagne, sa ville natale

Cette exposition réunit 174 dessins de jeunesse du dessinateur, réalisés dans l'ambiance d'une ville de province des années 1950. 

Un dessin de Cabu exposé à la Ducuchotèque jusqu\'en septembre 2020
Un dessin de Cabu exposé à la Ducuchotèque jusqu'en septembre 2020 (France 3 Champagne : R. Domergue /)

A l'époque, la ville s'appelait encore Châlons-sur-Marne. C'est en 1938 que Cabu vit le jour dans la cité marnaise. Une ville moyenne des années 1950, un terrain de jeu idéal pour celui qui signait alors Kbu et qui croquait les habitants et leurs travers, avec humour mais sans méchanceté. L'exposition "Le rire de Kbu", présentée à la Duduchothèque (un lieu dédié à l'oeuvre de Cabu, qui a ouvert en 2018), propose de revenir sur les jeunes années de l'enfant du pays. A découvrir jusqu'au 27 septembre 2020. 

Le jeune Jean Cabut a très vite préféré noircir des carnets de croquis plutôt que de passer de longues heures sur les bancs de l'école. Avec son oeil aiguisé et malicieux, il caricature ses proches mais également les notables et les anonymes de la ville où il a grandi. Dès l'âge de 15 ans, il travaille pour l'Union, le journal local. "L'Union va lui demander de croquer les instances municipales, c'est là qu'il va vraiment développer son analyse politique", explique Pascaline Watier, directrice de la Duduchothèque. "Il a 15 ans seulement. Des années plus tard, il dira qu'il a eu la chance de naître ici, car dans cette petite ville on lui a donné cette chance-là, de débuter si jeune"

La naissance du Beauf

Cabu a gardé des liens forts avec sa ville d'origine, il y revenait plusieurs fois par an. Et c'est également à Châlon-en -Champagne qu'il a donné naissance dans les années 1960 à l'un de ses personnages les plus célèbres, le Beauf. Ce Français moyen et râleur est un mélange des personnes qu'il rencontrait dans l'un des bistrots de la ville.

Pour Fabrice Minuel, journaliste et ami de Cabu, le dessinateur était toujours sincère et bienveillant dans ses échanges avec les habitants. "Cabu faisait de l'instant qu'il vous consacrait un moment authentique et sincère. Cela allait au-delà de la gentilesse, il avait une empathie profonde." Cabu avait fait le voeu d'être enterré dans sa ville natale. Une ville toujours meurtrie par son assassinat en 2015, lors de l'attaque terroriste contre la rédaction de Charlie Hebdo, mais qui sait préserver sa mémoire et lui rendre hommage. 

Exposition "Le rire de Kbu" - jusqu'au 27 septembre 2020 - du mercredi au dimanche de 14h à 18 - Duduchothèque : 68 rue Léon Bourgeois, 51000 Chalons-en-Champagne