Bernard Tapie va détenir "La Provence" à 100%

Le Groupe Bernard Tapie va devenir actionnaire à 100% du quotidien "La Provence". L'accord doit encore être soumis aux comités d'entreprise. 

Bernard Tapie sur le plateau de i-Télé, le 10 juillet 2013.
Bernard Tapie sur le plateau de i-Télé, le 10 juillet 2013. (FRED DUFOUR / AFP)

Une semaine après la saisie d'une partie de ses biens, Bernard Tapie va détenir 100% du quotidien La Provence, laissant le reste de l'empire Hersant à la famille du patron de presse. Le Groupe Hersant Média (GHM) a annoncé mardi 16 juillet "un projet par lequel les actionnaires familiaux reprendraient 100% du capital de GHM", et donc la totalité de Nice Matin et des quotidiens des Antilles et de Guyane du groupe. Le Groupe Bernard Tapie (GBT) "deviendrait actionnaire à 100% de La Provence", tandis que Corse Matin resterait détenu à 50/50 par La Provence et Nice Matin.

Cet accord doit encore être soumis aux comités d'entreprise. Une première réunion extraordinaire de celui de La Provence est convoqué mardi 23 juillet. "On a pas mal de questions à poser à Bernard Tapie, sur les projets de développement (…), sur les investissements, sur la clause de cession", qui devrait désormais pouvoir être activée, a indiqué Hervé Borello, délégué FO et secrétaire du CE. "On a tous été surpris", souffle une journaliste. "Nous allons poser des questions sur la ligne éditoriale. Nous serons bien évidemment attentifs à l'indépendance de la rédaction et au maintien de la ligne éditoriale actuelle."

L'empire Hersant endetté

Cette réorganisation met fin à l'association à 50/50 conclue fin 2012 entre Bernard Tapie et la famille de Philippe Hersant, président de GHM. Elle n'a tenu qu'un peu plus de six mois. L'homme d'affaires de 70 ans s'était allié à la famille Hersant pour mettre la main sur les derniers lambeaux de l'empire de presse régionale. Cette opération avait permis d'éviter une vente à la découpe des activités restantes de GHM, lourdement endetté.

Bernard Tapie, grand spécialiste de la reprise d'entreprises en difficulté, signait alors un retour aux affaires pas forcément vu d'un bon œil, d'autant qu'il était perçu par certains comme un premier pas dans la course à la mairie de Marseille. L'homme d'affaires, mis en examen pour escroquerie en bande organisée dans l'affaire de l'arbitrage sur la vente d'Adidas, se retrouve à présent seul maître à bord de La Provence.