Avant l'affaire Théo, trois fois où Nicolas Canteloup s'est illustré avec des blagues (très) douteuses

L'humoriste d'Europe 1 s'est lancé dans un sketch homophobe après la grave blessure du jeune Théo lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois. C'est un récidiviste des dérapages.

L\'humoriste Nicolas Canteloup, le 5 novembre 2015 sur le plateau de l\'émission \"Vivement Dimanche\", de France 2.
L'humoriste Nicolas Canteloup, le 5 novembre 2015 sur le plateau de l'émission "Vivement Dimanche", de France 2. (MAXPPP)

"Amis gays, ce n'est pas la peine non plus de chercher un deux-pièces sur Aulnay-centre. La police ne recommencera plus. C'était un accident, pas une pratique courante sur Aulnay-sous-Bois." Dans sa chronique diffusée mercredi 8 février sur Europe 1, Nicolas Canteloup s'est lancé dans cette longue blague homophobe, en imitant la voix de François Hollande.

Bien mal inspirée, la plaisanterie a suscité le malaise en studio et sur les réseaux sociaux. L'humoriste a fini par s'excuser via un bref communiqué de son manager publié sur son compte Twitter, mais en matière de blague douteuse, Nicolas Canteloup n'en est pas à son coup d'essai. Franceinfo a recensé trois précédents.

Quand il a rigolé sur les Tutsis "carpaciottés"

Dans sa "Revue de presque" du jeudi 6 février 2014, Nicolas Canteloup imite Julien Courbet, présentateur sur RTL de "Ça peut vous arriver", une émission consacrée à la défense des consommateurs. S'adressant à un "M. Hutu", en "conflit de voisinage", il ironise au sujet du génocide rwandais.

Vous avez découpé, macheté et carpaccioté sa famille, alors qu'apparemment, il n'en avait pas exprimé le désir. Vous lui auriez également découpé les bras bien dégagés au-dessus des coudes, il a d'ailleurs eu le plus grand mal à vous écrire.Nicolas Canteloupsur Europe 1

Et l'humoriste d'abonder sur "les conséquences désagréables qu'on imagine : perte d'une montre de famille, impossibilité désormais de faire du stop..." Un sketch jugé "ignoble" par le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), qui avait saisi le CSA. 

En mars 2014, le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait jugé que l'imitateur avait fait preuve d'une "désinvolture outrancière telle qu’elle pouvait être perçue comme une complaisance à l’égard d’un génocide", mais n'avait pas sanctionné la station. Elle a toutefois demandé à Europe 1 de rendre indisponible la vidéo de la séquence sur son site.

Nicolas Canteloup avait refusé de présenter ses excuses. "Dès que ça gueule, dès qu'un autoproclamé prof d'humour vous met un carton jaune, faut s'excuser !", avait-il lancé le lendemain dans sa chronique.

Quand il a imité Jean-Vincent Placé avec l'accent "asiatique"

Le 18 septembre de la même année, Nicolas Canteloup s'attire les foudres de Jean-Vincent Placé. Dans sa chronique, il imite celui qui est alors président du groupe écologiste au Sénat avec un accent "asiatique".

Lorsque l'animatrice Julie Leclerc le relance sur cet accent douteux, il continue à camper le personnage de Jean-Vincent Placé : "C'est la faute à Nicolas Canteloup. Il a toujours pas travaillé la voix de Jean-Vincent Placé. Du coup, moi je suis toujours le mélange de Jackie Chan et la coupe de cheveux de Martine Aubry. Lui toujours faire imitation pourrie."

Sur Twitter, le responsable politique a qualifié de "grossières et blessantes" cette "imitation vulgaire (...) d'un citoyen français amoureux de son pays". "C'est vulgaire, grossier, stigmatisant. Nicolas Canteloup est vraiment le nouveau Michel Leeb", a-t-il ajouté aux Inrocks. Des critiques que l'intéressé n'a visiblement pas pris en compte : le 31 août 2015, il a de nouveau imité Jean-Vincent Placé avec cet accent.

Quand il a qualifié Vincent Lambert de "légume"

Le 10 juin 2016, des proches de Vincent Lambert diffusent une vidéo destinée à prouver que le trentenaire tétraplégique et dans un état de conscience minimal n'est pas en fin de vie. Le film est repris par plusieurs chaînes de télévision qui ne floutent pas le visage du patient, pourtant filmé à son insu.

Dans sa chronique datée du lendemain, Nicolas Canteloup ironise sur la polémique concernant le droit à l'image de Vincent Lambert. "Personnellement, je ne comprends pas pourquoi cette indignation, lance-t-il en imitant l'ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy. Abdelaziz Bouteflika est dans le même état végétatif que Vincent Lambert. Il n'est jamais flouté, alors qu'il est à peu près aussi réactif qu'une betterave." Et de continuer :

Je sais que je vais choquer. Je ne vois pas où est le scandale. Et puis franchement, si on se met à flouter tous les légumes, ça devient très compliqué de regarder 'Top Chef' !Nicolas Canteloupsur Europe 1

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