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« 1936, quand la gauche faisait encore rêver » un hors-série du magazine Marianne

80 ans après, l’hebdomadaire revient sur la victoire du Front Populaire aux élections législatives. Une plongée au cœur de deux années de grands changements économiques et sociaux.
Article rédigé par franceinfo
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L’édito de Yves Daudu et Guy Konopnicki

Le Front populaire a 80 ans. Autant dire plusieurs siècles à l’heure de l’immédiateté.

Mais à l’heure de l’allongement de la vie, 80 ans, c’est encore la forme. A chacun de choisir son échelle de temps… Quand l’actualité est ponctuée d’appels à l’union nationale, d’appels à la fraternité, d’appels à la défense des acquis sociaux, au débat sur le code du travail, sur l’identité française, le Front populaire offre de nombreuses résonances. Surtout quand la tragédie contemporaine frappe un café à l’enseigne de La Belle Equipe, film de Julien Duvivier associé à la mémoire solidaire et festive du Front populaire. L’esprit de 1936 demeure, par la chanson du film, Quand on se promène au bord de l’eau, interprétée par Jean Gabin. L’ouvrier qui trime « du lundi jusqu’au samedi pour gagner des radis » découvre les loisirs. Il se trouve jusqu’à nos jours des raseurs pour lui reprocher son insouciance. Le prolo qui fêtait ses 40 ans en 1936 était de la classe 16 ; mobilisé en 1915, il avait passé sa jeunesse dans les tranchées.

S’il avait eu la chance d’en revenir, c’était pour retourner immédiatement au turbin. Les deux petites semaines de congés payés et la semaine de 40 heures contribuaient à la réconciliation des travailleurs et de la nation, qui leur avait imposé tant de sacrifices. Cependant, pour une partie de la presse, les prolos restaient des salopards en casquette, mélangés à ces « métèques » venus travailler dans les mines et les usines. Pour ou contre le Front populaire, les journaux de 1936 choisissaient leur camp.

Aujourd’hui, on brandit volontiers la presse « des années 30 » comme un épouvantail. Certes, les lois de l’époque n’interdisent pas le racisme et l’antisémitisme, et ne suffisent pas à réprimer les attaques personnelles et les campagnes de calomnies. Roger Salengro, ministre de l’Intérieur du gouvernement Léon Blum, se suicide alors même que la justice a reconnu le caractère mensonger et diffamatoire des accusations de L’Action française et de Gringoire. Cependant, la presse écrite nationale ne se réduit pas à quelques journaux indignes. Elle est à son apogée et exprime l’opinion dans toute sa diversité. Le Front populaire provoque une envolée des tirages. Le papier, il est vrai, n’a guère de concurrent, même si l’audience de la TSF connaît un essor. La presse est le reflet vivant des événements qui transforment profondément la France. C’est à travers elle que nous avons choisi de vous faire découvrir le Front populaire tel qu’il a été vécu par l’opinion de l’époque. Voici donc un vaste kiosque.

De L’Humanité, quotidien du Parti communiste, à L’Action française, monarchiste, « organe du nationalisme intégral », du Populaire, quotidien du Parti socialiste, au Matin qui ne cache pas ses sympathies pour le régime nazi, du Temps, quotidien patronal, à Paris-soir, grand quotidien populaire, vous trouverez ici les témoignages et points de vue de plus de vingt quotidiens et hebdomadaires. Les 80 ans du Front populaire, tel qu’il a été vécu, au rythme des rotatives.

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Cinq grands dossiers retracent l’histoire du Front Populaire :

- L’arrivée au pouvoir

“Plus qu’une victoire, un triomphe”

Au lendemain des élections législatives du 3 mai 1936, toute la presse souligne le triomphe du Front populaire. Les quotidiens de gauche ne boudent pas leur plaisir, la presse de droite s’alarme et les organes de l’extrême droite annoncent l’apocalypse.

- Les grèves avec occupation

“De victoire en victoire”

« C’est bien la première fois dans l’histoire ouvrière que l’on assiste à un mouvement d’une telle ampleur », constate, à la mi-juin 1936, l’hebdomadaire Marianne. Durant plusieurs semaines, partout en France, les « grèves sur le tas » se multiplient. On comptera jusqu’à deux millions de grévistes.

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- L’antisémitisme

“Une bande de juifs rapaces a pu s’emparer du pouvoir”

Tel est le commentaire de L’Action française au lendemain de l’investiture de Léon Blum.

Antisémitisme et xénophobie tous azimuts se déchaînent sur fond de crise économique et de tensions internationales durant les années 30.

- La guerre d’espagne

“Des canons, des avions pour l’Espagne !”

Le 19 juillet 1936 éclate un coup d’Etat militaire contre le gouvernement de Front populaire espagnol. C’est le début de la guerre d’Espagne. La non-intervention, à laquelle Léon Blum est acculé, sera la première fracture au sein du Front populaire.

- Les congés payés

“Un air de gaieté et de confiance”

Les congés payés, avec les 40 heures, sont restés le symbole le plus fort du Front Populaire.

Et pourtant la lecture de la presse de l’époque réserve quelques surprises.

Plus d’information sur : www.marianne.net

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