Londres-New York en une heure : faut-il croire au projet fou d'Airbus ?

Le constructeur a déposé en juillet un brevet pour un avion révolutionnaire qui atteindrait 4,5 fois la vitesse du son.

Un des dessins du projet d\'avion figurant sur le brevet déposé par Airbus auprès du Bureau américain des brevets et des marques de commerce.
Un des dessins du projet d'avion figurant sur le brevet déposé par Airbus auprès du Bureau américain des brevets et des marques de commerce. (AIRBUS / UNITED STATES PATENT AND TRADEMARK OFFICE)

La vitesse du son, c'est fait. La vitesse du son multipliée par 4,5 (plus de 5 500 km/h) pour un avion de ligne, c'est peut-être pour bientôt. Deux sociétés du groupe Airbus, Astrium et EADS, ont déposé le 14 juillet au Bureau américain des marques un brevet sur un projet intitulé "véhicule aérien ultra-rapide et méthode associée pour le transport aérien".

Le futur avion, s'il voit le jour, sera deux fois plus rapide que le Concorde (qui faisait Paris-New York en trois heures et dont l'exploitation a cessé en 2003). Il relierait Londres à New York en une heure (contre sept à huit heures actuellement) et Paris à Los Angeles en trois heures.

Comment ça marche ?

Le projet a été dévoilé dans une vidéo sur YouTube par l'Indien Deepak Gupta. Ce passionné, expliquent encore Les Echos, "passe son temps sur sa chaîne YouTube à débusquer les dépôts de licences et de brevets". Deepak Gupta explique notamment comment, dans ce projet, l'avion est conçu pour atteindre une vitesse maximale, avec la forme la plus aérodynamique possible. Il n'a pas d'ailes classiques, mais une voilure triangulaire placée au-dessus du fuselage.

L'engin, détaille Libération, dispose de "trois systèmes de propulsion distincts", avec au total cinq réacteurs. Les "deux turboréacteurs pour les manœuvres sur piste et le décollage" se rétracteraient sous la carlingue. "Un moteur-fusée" permettrait ensuite à l'avion d'accomplir une ascension quasi-verticale (jusqu'à une altitude d'environ 35 km). Enfin, "deux statoréacteurs", poursuit le quotidien, qui permettraient de "catapulter l'avion à vitesse surpersonique sur une trajectoire horizontale".

Le projet verra-t-il vraiment le jour ?

Le projet deviendra-t-il réalité d'ici une ou deux décennies ? Pas sûr. Les Echos rappellent que "plusieurs projets de ce type sont actuellement en développement et même si des brevets sont déposés, ils n'aboutissent pas tous à une solution industrielle". 

Business Insider (en anglais) ne dit pas autre chose. Le site spécialisé dans l'économie rappelle que "la plupart des idées brevetées n'entrent jamais en production", mais que des technologies dérivées pourraient être adaptées par Airbus sur d'autres appareils "moins extrêmes".

Par ailleurs, s'il devient réalité, cet avion ne serait réservé dans un premier temps qu'à un très petit nombre de passagers. Comme le souligne Le Soir, "un tel appareil ne pourra transporter qu’une vingtaine de personnes. La cabine serait donc relativement étroite et, comme le Concorde, elle ne permettrait que 4 sièges par rangée". Pas sûr, donc, qu'un tel appareil soit rentable et fabriqué en série.

D'autres projets du même type sont-ils à l'étude ?

Airbus caresse probablement depuis un certain temps ce projet futuriste : son PDG Tom Enders confiait en mars au Journal du dimanche avoir une équipe "qui travaille sur les appareils à grande et très grande vitesse. Le groupe a une tradition depuis le Concorde et il y a une vraie demande pour la grande vitesse. Un jour, on pourra connecter Paris et Sydney en trois heures."

Mais il n'est probablement pas le seul fabricant en lice. Libération rappelle que "Boeing et Lockheed Martin ont vanté des projets similaires ces dernières années" à travers des dessins futuristes. L'Agence spatiale européenne, elle, a passé un cran supplémentaire en s'engouffrant "dans la sphère des hypersoniques (plus de 6 150 km/h)". Avis aux amateurs : le journal montre quelques prototypes d'avions du futur sur ce diaporama.