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Bientôt des lunettes sans ordonnances ?

Le Sénat a autorisé l'achat de verres correcteurs sans prescription. L'Assemblée nationale doit trancher.

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France Télévisions
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Une personne s'apprête à essayer une paire de lunette, le 15 avril 2008, dans la boutique d'un opticien à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Et si les lunettes étaient délivrées sans ordonnance ? Le Sénat a validé dans la nuit de vendredi à samedi 11 avril un article additionnel à la loi Macron sur la modernisation de l'économie autorisant l'achat de verres correcteurs sans prescription. Les lunettes pourraient être délivrées sans ordonnance. Cet article doit encore recevoir l'aval de l'Assemblée nationale pour pouvoir entrer en vigueur.

Yannnick Vaugrenard (PS) a rappelé qu'à l'occasion de la loi sur la consommation, dite loi Hamon, rappelle Le Figaro, la gauche avait lié la délivrance de verres correcteurs par les opticiens "à l'existence d'une prescription médicale en cours de validité". Mais pour son auteur, la co-rapporteur Dominique Estrosi Sassone (UMP), le nouvel article va plus loin en supprimant "l'obligation absolue de posséder une ordonnance pour se voir délivrer des verres correcteurs".

Un risque sanitaire ?

"On peut rassurer les auteurs des amendements de suppression et les 5 800 ophtalmologues", a-t-elle ajouté. "Durant soixante-dix ans, période durant laquelle cette obligation ne s'imposait pas, les patients ont continué de consulter des ophtalmologistes". Et elle a estimé que la France ne peut pas être "le seul pays de l'Union européenne à refuser une paire de lunettes à un client chinois ou américain qui a cassé la sienne".

Avant elle, Brigitte Gonthier-Maurin (Communiste, républicain et citoyen, CRC) avait relayé les inquiétudes des ophtalmologistes "qui craignent de voir disparaître leur activité avec cet article". "Le risque est surtout sanitaire", a poursuivi l'élue communiste. "Seuls les ophtalmologistes peuvent détecter des maladies asymptomatiques aux conséquences irréversibles, tels le glaucome ou la rétinopathie diabétique". Et comme les délais d'un rendez-vous chez l'ophtalmologiste sont très longs, "la solution est de relever le numerus clausus et d'interdire les dépassements d'honoraires", a-t-elle dit.

 

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