"J'avais l'impression d'être transpercée par du courant" : des personnes "électro-hypersensibles" en lutte contre les compteurs Linky

Le tribunal de grande instance de Tours a demandé mardi le retrait du compteur Linky chez treize particuliers, pour raisons médicales.

Manifestation anti-Linky à Yutz, en Moselle, le 26 mars 2018
Manifestation anti-Linky à Yutz, en Moselle, le 26 mars 2018 (MAXPPP)

Véronique a été diagnostiquée "électro-hypersensible" en 2017, date à laquelle cette femme de 51 ans a accepté l'installation d'un compteur Linky chez elle, près de Lille. Dès la première nuit après la pose du compteur, des symptômes sont apparus. "J'avais l'impression d'être transpercée par du courant", explique-t-elle. Comme d'autres personnes qui se disent "électro-hypersensibles", Véronique décrit une situation invivable.

Plus de 400 personnes ont saisi la justice fin juin pour empêcher la pose de compteurs Linky, ou demander à ce qu'ils soient enlevés. Le tribunal de Nanterre doit se prononcer vendredi 2 août sur leur situation. Mardi 30 juillet, treize plaignants de la région Centre ont obtenu gain de cause, pour raison médicale, et vont voir leurs compteurs Enedis, filiale d'EDF, retirés.

Je n'ai jamais eu de problèmes de sommeil, je n'ai jamais pris de cachets pour dormir. Et là le compteur Linky arrive, et je deviens insomniaque.Véroniqueà franceinfo

Après la pose du compteur Linky à son domicile, Véronique a "attrapé des plaques sur le visage". "J'ai paniqué. Je me suis demandé ce qui m'arrivait". En présentant un certificat médical, sa plainte contre Enedis a plus de chances d'aboutir, selon son avocat.

Depuis son appartement parisien, Marie-Claude affirme ressentir les mêmes gênes. Cette retraitée n'a pas été reconnue "électro-hypersensible", mais elle se bat depuis quatre ans pour empêcher l'installation d'un compteur. "J'ai fait une demande par huissier express. Enedis a été suffisamment impressionné. Jusqu'à présent, on ne m'a pas installé de compteur Linky", explique-t-elle.

J'habite un immeuble collectif à Paris. Tout l'immeuble est truffé de compteurs.Marie-Claude, retraitée parisienneà franceinfo

Marie-Claude ne supporte plus les ondes. Elle s'est même débarrassée de son smartphone. Mais c'est inutile, selon elle, si Enedis n'est pas condamné à retirer tous les compteurs présents dans son immeuble.