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Données collectées par les compteurs Linky : le consommateur "doit rester maître à tout moment", estime l'UFC-Que Choisir

La Commission nationale informatique et libertés a épinglé EDF et Engie sur la collecte des informations personnelles des consommateurs par les compteurs Linky.

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Radio France
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Un compteur Linky, à Saint-Symphorien, en France. (DAMIEN MEYER / AFP)

Le consommateur "doit rester maître" de ses données "à tout moment", a estimé mardi 11 février sur franceinfo Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, alors que la Commission nationale informatique et libertés a épinglé EDF et Engie sur la collecte des informations personnelles des consommateurs par les compteurs Linky. "Ce qui pose problème, c'est que les consommateurs donnent un consentement qui n'est pas éclairé", a expliqué Alain Bazot. Les fournisseurs d'énergie "ne peuvent avoir des données sur la consommation heure par heure, demi-heure par demi-heure ou même quotidienne que si le consommateur a dit 'oui' expressément", a rappelé le président de l'association de consommateurs.

franceinfo : C'est une demande des consommateurs à laquelle la Cnil acquiesce ?

Alain Bazot : Bien sûr, depuis le départ, on a demandé et obtenu un cadre législatif et réglementaire pour que le Linky ne soit pas trop intrusif et surtout pour que les consommateurs gardent la main sur leurs données. Là, le gendarme ne fait qu'appliquer le bon respect du cadre législatif qui impose que le consommateur donne son consentement libre et éclairé avant que tout opérateur ne prenne des données concernant sa consommation d'énergie.

Ce qui pose problème, ce sont les données personnelles collectées ou le fait que les consommateurs ne sachent pas précisément ce qui est collecté ?

Ce qui pose problème, c'est que les consommateurs donnent un consentement qui n'est pas éclairé. Concrètement, le fournisseur d'énergie, que ce soit Engie, que ce soit EDF, que ce soit n'importe quel fournisseur d'électricité, ne peut avoir des données sur la consommation heure par heure ou demi-heure par demi-heure ou même quotidienne que si le consommateur a dit "oui" expressément. Si le consommateur ne dit rien, il n'est pas possible d'avoir ces données. Le fournisseur n'aura que les données mensuelles qu'Enedis [le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité] lui fournira pour établir les factures. Et donc, le premier problème, c'est celui-là. Il y avait quelque chose qui n'était pas clair dans la façon de présenter les choses.

Quel conseil donnez-vous aux consommateurs ?

Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut que les consommateurs vérifient quel consentement ils ont donné. C'est-à-dire qu'ils peuvent à tout moment, et ça c'est extrêmement important, revenir sur un consentement qu'ils auraient donné. Ils peuvent désactiver et suspendre la collecte de données de consommation détaillée. Le consommateur peut à tout moment aller sur son compte Enedis et garder la main sur ce qu'il a dit, et éventuellement revenir dessus. Il doit rester maître. C'est l'intérêt de la communication de la Cnil, je pense que ça va éveiller un peu plus les consciences.

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