Les principaux ports français, dont Le Havre, ont été perturbés vendredi par une grève surprise appelée par la CGT

Il s'agit d'un mouvement de solidarité avec les salariés du port de Nantes/Saint-Nazaire qui ont fait l'objet jeudi de mesures de réquisition alors qu'ils bloquaient un paquebot.La grève appelée par la Fédération nationale des ports et docks (FNPD-CGT) a été massivement suivie par les ouvriers dockers et les agents des ports, selon le syndicat.

le quai du terminal des conteneurs au port autonome de Nantes/Saint-Nazaire
le quai du terminal des conteneurs au port autonome de Nantes/Saint-Nazaire (AFP/ PHOTO FRANK PERRY)
Il s'agit d'un mouvement de solidarité avec les salariés du port de Nantes/Saint-Nazaire qui ont fait l'objet jeudi de mesures de réquisition alors qu'ils bloquaient un paquebot.

La grève appelée par la Fédération nationale des ports et docks (FNPD-CGT) a été massivement suivie par les ouvriers dockers et les agents des ports, selon le syndicat.

Au Havre, la totalité des 1.800 dockers employés dans les entreprises de manutention et une grande partie des 1.500 agents du Grand port maritime du Havre (GPMH) ont cessé le travail, selon la CGT. Les autres ports français, en particulier Marseille, ont également été touchés par ce mouvement.

A Dunkerque, le port Est était "à l'arrêt" à la suite du mouvement qui concernait "une petite centaine de personnes", tandis que le port Ouest privatisé fonctionnait normalement, selon la CGT. Le mouvement a également touché, dans des proportions variables, les ports de Calais, Rouen, Bordeaux et La Rochelle où l'entrée principale était bloquée par une trentaine de grévistes.

La FNPD-CGT veut ainsi protester contre les mesures de réquisition prises jeudi par le préfet de Loire-Atlantique pour libérer le paquebot neuf MSC Magnifica qui était bloqué par la CGT.

Le syndicat avait organisé cette action dans le cadre d'une grève déclenchée mardi pour réclamer une indemnité en faveur des agents qui doivent être détachés auprès des entreprises de manutention dans le cadre de la réforme portuaire.

Rappel des faits

Livré par les chantiers navals STX à l'armateur italien MSC, le paquebot de croisière était bloqué par des grévistes de la CGT, ce qui empêchait la signature d'une nouvelle commande pour les chantiers.

Le préfet de Loire-Atlantique Jean Daubigny a décidé jeudi de réquisitionner deux personnels du port afin de permettre les manoeuvres nécessaires au départ du paquebot de croisière de 293 mètres. Il a pu quitter le bassin pour sa croisière inaugurale avec 700 personnes à bord.

Le bassin occupé par le MSC Magnifica sert normalement de port refuge aux gros navires quand la météo est défavorable, or du mauvais temps est prévu avant dimanche, a argué la préfecture.

Alors que la CFDT de STX avait protesté contre le blocage du navire, la CGT des chantiers navals était solidaire de ses camarades du port, estimant que lier le départ du navire à la signature d'une lettre d'intention pour une nouvelle commande constituait "un chantage de la direction".

Un accord, révélé par l'Elysée, a été conclu verbalement mercredi entre STX et MSC pour la construction d'un futur navire d'une valeur de plus de 550 millions d'euros, mais le blocage du port retardait la signature, selon la direction des Chantiers.

Outre cette nouvelle commande, le chantier n'a plus qu'un paquebot à livrer en juin pour NCL et un BPC (bâtiment de projection de commandement) pour la Marine nationale pour 2011.

La semaine dernière, la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait assuré que l'Etat "n'abandonnerait pas" le chantier naval STX de Saint -Nazaire et "fournirait sa garantie" comme assureur à l'exportation dans la négociation sur la commande de deux navires.

La société de construction navale emploie 2.400 personnes.