"Les locataires font environ 100 euros d'économie par an" : à Alès, un HLM pionnier produit son électricité grâce à des panneaux solaires

Ils sont encore peu répandus sur les toits des immeubles : les panneaux solaires. Depuis le printemps, un HLM d'Alès (Gard) a décidé de s'équiper. C'est un projet expérimental pour le moment d'une ampleur unique en France, et sur la facture, les économies se font déjà ressentir.

À Alès (Gard), un HLM produit une partie de son électricité grâce des panneaux solaires. Un projet expérimental d’une ampleur unique en France pour le moment.
À Alès (Gard), un HLM produit une partie de son électricité grâce des panneaux solaires. Un projet expérimental d’une ampleur unique en France pour le moment. (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

"On a installé 600m² de panneaux solaires qui permettent de produire 100 kWh pour alimenter cent logements." Si de plus en plus de familles font aujourd'hui installer des panneaux photovoltaïques sur la toiture de leur maison, pour les logements collectifs, ce ne sont encore que les débuts. C'est pourtant le choix qu'a fait une petite résidence HLM d'Alès, dans le Gard.

Ce genre d'équipement devrait se multiplier dans les prochaines années. En tout cas, c'est ce qu'encourage la loi énergie-climat qui doit être définitivement adoptée mercredi 11 septembre par l'Assemblée nationale.

Si l'opération est bénéficiaire pour les locataires, on appliquera la hausse des loyers qui a été convenue avec eux. Elle sera de trois euros par moisPhilippe Curtil

Philippe Curtil est le directeur général du Logis Cévenols, l’office HLM d’Alès. Des panneaux solaires sur le toit, une bonne action pour la planète, et pour le portefeuille des locataires : "Tout ce qui est produit sur place est consommé sur place, ce qui permet de couvrir 20% des besoins en électricité du bâtiment. À terme les locataires font environ 100 euros d'économie sur leur facture d'électricité par an."

Ce champ de panneaux photovoltaïques posés sur du gravier est prévu pour durer 20 ans. La région Occitanie a participé à hauteur de 40% à ce projet expérimental d’une ampleur unique en France. Et les sommes investies, tout comme celles que devront payer les locataires, restent peu élevées, détaille Philippe Curtil : "On est sur un coût global du projet qui avoisine les 200 000 euros. Le reste à charge pour nous est de 130 000 euros. On attend effectivement les trois premières années de fonctionnement, et si l'opération est équilibrée et bénéficiaire pour les locataires, à ce moment-là seulement on appliquera la hausse des loyers qui a été convenue avec eux. Elle sera de l'ordre de trois euros par mois et par logement."

Des économies sur la facture d'électricité

Chalaa Ben Belaid est locataire dans la résidence depuis 2005. C'est la toute première fois qu'elle monte sur le toit : "On a une très belle vue ici !" , se réjouit-elle. L’installation n’est en service que depuis avril, mais elle lui a permis d'échapper à la hausse des tarifs de l'électricité : "Il y a eu des augmentations, cet été, au printemps. Des augmentations nationales au niveau d'EDF. Mais sur notre facture à nous on a une légère baisse, c'est très agréable."

Chalaa Ben Belaïd, locataire depuis 2005 et Philippe Curtil, le directeur de l\'office HLM le Logis Cevenols, sur le toit de l\'immeuble.
Chalaa Ben Belaïd, locataire depuis 2005 et Philippe Curtil, le directeur de l'office HLM le Logis Cevenols, sur le toit de l'immeuble. (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

Jusqu'à présent, lorsqu'il s'agissait d'utiliser l'énergie solaire dans un logement collectif, on se heurtait au problème du stockage. L'électricité est produite en journée alors que les habitants en ont essentiellement besoin le matin et le soir. Il fallait donc stocker l'énergie dans des batteries très coûteuses. Dans cette résidence d'Alès, rien de tout ça. Grâce à un système développé pour le projet par EDF, l'énergie est stockée dans les ballons d'eau chaude de chaque logement. La consommation est donc adaptée à chaque appartement. Plus le locataire fait attention, plus sa facture diminue.

Le reportage de Grégoire Lecalot
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