L’Egypte dit oui au Rafale : la fin d'un "cercle infernal" pour Dassault

Le Rafale entre dans une spirale positive. C’est en tout cas l’avis du PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, après la vente de 24 avions à l'Egypte. Le contrat sera signé officiellement lundi au Caire, pour plus de 5 milliards d'euros. Jusqu'ici la France avait toujours échoué à exporter son fleuron aéronautique.

(Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation © Maxppp)

C'est confirmé. L'Egypte et la France ont conclu un accord de vente pour le Rafale. Le contrat, d'un montant de l'ordre de 5 milliards d'euros, prévoit la fourniture de 24 avions de combat ainsi qu'une frégate et des équipements associés. Les premiers avions seront livrés dès cette année.

C’est une excellente nouvelle pour Dassault Aviation qui attendait depuis près de 15 ans que ce premier à contrat l'export. "Ça va réellement booster l’image du Rafale ", se félicite le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, sur France Info. "Ça va casser ce cercle un peu infernal de dire qu’on n’arrive pas à la vendre à l’exportation. On le verra moins écrit et même plus du tout écrit à droite et à gauche.  Donc en termes d’image, c’est évidemment fantastique ", poursuit-il. 

Une bonne nouvelle pour plus de 500 entreprises partenaires

C'est aussi une excellente nouvelle pour l'ensemble de la filière aéronautique militaire française. Car le Rafale fait vivre pas moins de 7.000 salariés. "C’est une grande nouvelle pour Dassault et l’ensemble de ses équipes et au-delà de ça, c’est évidemment une très grande nouvelle pour nos partenaires directs, Thales, Safran, MBDA pour les missiles, et puis tout le tissu de sous-traitants, les 500 entreprises qui contribuent tous les jours à la bonne santé du Rafale ", souligne Eric Trappier. Grâce à la réussite de l’exportation, elles se savent "beaucoup plus assurées d’un maintien de charge de travail et, il faut le rappeler, sur le sol national, puisque le Rafale est entièrement produit en France ", poursuit-il.

Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, revient sur le contrat passé avec l'Egypte et ses conséquences pour l'industrie aéronautique française. Il répond à Frédéric Beniada
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L’espoir d’un effet boule de neige

Et ce premier contrat à l’export pourrait bien en entraîner d’autres. La France poursuit notamment ses discussions avec l'Inde sur la vente de 126 appareils. Mais les négociations pourraient prendre plus de temps qu’avec l’Egypte, afin de mettre en place un partenariat avec les industriels indiens. "Chaque négociation se fait de manière séparée. L’Inde a un rythme de négociation qui lui est propre, elle veut des transferts de technologie, des transferts de fabrication importants ", explique Eric Trappier.

"Depuis trois ans nous avons été déclarés gagnants dans cette grande compétition de 126 avions.  Nous travaillons d’arrache-pied avec les autorités indiennes, d’abord les industriels. On a finalisé les discussions avec ces industriels, comme on avait finalisé les discussions avec l’armée de l’air. On en est maintenant aux discussions contractuelles pour savoir qui prend la responsabilité de quoi à chaque étape de ce transfert de technologie. C’est une négociation qui est longue et plus de temps on passe maintenant et mieux ça se passera après ", poursuit le patron de Dassault.