Cet article date de plus de dix ans.

Le régime des soldes flottants sera maintenu l'année prochaine a annoncé le gouvernement lundi

La ministre de l'Economie Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat au Commerce et à la Consommation Frédéric Lefebvre ont décidé de "poursuivre, pour l'année 2011, l'application des soldes flottants", suivant ainsi les recommandations d'un rapport réalisé par l'Institut français de la mode et le Crédoc, qui a été remis à M. Lefebvre lundi.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
La ministre de l'Economie Christine Lagarde en avril 2009 à Paris, lors du le coup d'envoi d'une semaine de soldes (AFP - Patrick Kovarik)

La ministre de l'Economie Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat au Commerce et à la Consommation Frédéric Lefebvre ont décidé de "poursuivre, pour l'année 2011, l'application des soldes flottants", suivant ainsi les recommandations d'un rapport réalisé par l'Institut français de la mode et le Crédoc, qui a été remis à M. Lefebvre lundi.

Pour une majorité de consommateurs (56%), les soldes représentent "une nécessité budgétaire", relèvent-ils.

Le rapport note que "le mécanisme des soldes flottants et les promotions, sans déstabiliser les circuits commerciaux habituels, ont permis de dégager un chiffre d'affaires supplémentaire de plus de 120 millions d'euros dans le secteur de l'habillement depuis un an et demi (dont 93 millions d'euros pour les seuls soldes flottants)". Et en cette période de sortie de crise, 71% des consommateurs soutiennent les soldes flottants, selon le communiqué, qui cite une enquête menée par l'IFM en octobre.

La Loi de modernisation de l'économie d'août 2008 a raccourci à cinq semaines les soldes d'été et d'hiver, permettant aux commerçants de choisir deux semaines supplémentaires dans l'année, dits soldes flottants.

Une partie des commerçants estiment que les soldes flottants pèsent sur leur chiffre d'affaires et déroutent les consommateurs qui ne savent plus quel est le bon moment pour acheter, ni quel est le juste prix d'un article. Certains commerçants réclamaient la mise en place de soldes de printemps et d'automne à dates fixes.

M. Lefebvre a demandé aux rapporteurs "d'approfondir leur réflexion sur l'encadrement des soldes et promotions sur internet". "Les ministres vont poursuivre la concertation avec les associations de consommateurs et les fédérations professionnelles de commerçants" et évoqueront notamment l'idée avancée par le rapport de mieux soutenir l'animation commerciale au printemps", en raison du faible pic d'activité à ce moment de l'année, indique le communiqué.

Le maintien des soldes flottants divise les professionnels

Le Conseil du commerce de France, qui regroupe 40 organisations professionnelles représentant 120 fédérations du commerce, "maintient sa demande de suppression des soldes flottants". Le CdCF estime ainsi que l'arbitrage du gouvernement "sous-estime certaines conclusions" de l'étude menée par l'Institut français de la mode et le Crédoc, comme "le brouillage du juste prix et le galvaudage de la notion de soldes". "Les enquêtes internes du CdCF indiquent que les soldes flottants n'ont pas généré de chiffres d'affaires supplémentaires et ne sont pas directement à l'origine de la baisse des prix observée depuis plusieurs années", affirme le communiqué.

De son côté, la Fédération des enseignes du commerce associé, qui regroupe près de 30.000 entrepreneurs indépendants, se dit "surprise" de l'annonce alors que "la majorité des commerçants(...) se prononçait contre". "Dépourvus de toute communication, les soldes flottants ne font qu'alimenter une véritable perte de repères (...), accentuée par le principe même de ces soldes qui se trouvent appliqués à la discrétion de chaque établissement", déplore la FCA.

A l'inverse, le Conseil national des centres commerciaux, qui fédère 32.000 commerçants, "approuve la poursuite du dispositif" et juge les soldes intermédiaires "extrêmement bénéfiques à la fois pour le pouvoir d'achat du consommateur et pour la gestion des flux de marchandises pour les commerçants". Le CNCC regrette cependant "que des dates fixes n'aient pas été imposées". "Pour qu'une opération soit bénéfique pour le consommateur et efficace pour le commerçant, il faut qu'elle soit identifiable et collective", souligne le délégué général du CNCC, Jean-Michel Silberstein.

L'association de consommateurs CLCV (consommation logement et cadre de vie), se félicite de la décision gouvernementale. Les soldes flottants "offrent en effet une possibilité supplémentaire aux consommateurs de réaliser des achats à moindre coût, ils répondent à la réalité économique d'aujourd'hui de solder des fins de séries de collections toujours plus nombreuses tout au long de l'année et donnent une souplesse supplémentaire aux professionnels", fait valoir l'association.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.