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Le président de la BCE veut "un pacte de croissance", Hollande s'en félicite

Mario Draghi a estimé qu'il fallait compléter le pacte budgétaire avec un volet croissance. Une proposition proche de celle de François Hollande, même si les moyens pour y parvenir ne sont pas les mêmes. 

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Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, lors d'une conférence de presse à Francfort (Allemagne), le 4 avril 2012. (EMILY WABITSCH / DPA)

Redresser les finances oui, mais pas seulement. Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a plaidé mercredi 25 avril pour "un pacte de croissance" européen au-delà du pacte budgétaire, devant des députés européens. "Nous avons un pacte budgétaire (...), nous devons revenir en arrière et en faire un pacte de croissance." François Hollande s'est aussitôt dit satisfait de cette proposition, qui va dans le sens de son programme.

Le candidat socialiste  a confirmé mercredi en conférence de presse que s'il était élu le 6 mai, il adresserait "un mémorandum à tous les chefs d'Etat et de gouvernement européens sur la renégociation du traité". Il a détaillé les quatre éléments qu'il souhaite ajouter au traité pour relancer la croissance : créer des euro-bonds, libérer davantage de possibilités de financement de la Banque européenne d'investissement, créer une taxe sur les transactions financières et enfin mobiliser les reliquats des fonds structurels européens. 

"Persévérer" dans les réformes structurelles 

Mario Draghi s'est lui de nouveau prononcé contre un soutien plus direct de la BCE à la croissance, mais pour une poursuite par les Etats du redressement de leurs finances et des réformes structurelles, par exemple du marché du travail. Même si "les réformes structurelles heurtent de larges intérêts" et "font mal", elles doivent être continuées pour l'avenir. La consolidation des finances publiques peut plonger à court terme des pays dans la récession, mais "nous sommes au milieu du gué" et devons persévérer, a ajouté le président de la BCE.

Il a également estimé que les mesures déjà prises dans certains pays "[devaient] être complétées par des réformes structurelles permettant la croissance pour faciliter l'entrepreneuriat, l'établissement de nouvelles entreprises et la création d'emploi. Là, les gouvernements devraient être plus ambitieux."

Le message de Draghi tempéré dans la foulée

Dans une note d'analyse publiée quelques minutes à peine après l'intervention de Mario Draghi, la banque Barclays a souligné l'importance de ces propos : "C'était une intervention surprenante et elle illustre l'ampleur des préoccupations de la BCE sur les perspectives de l'économie de la zone euro."

Toutefois, la BCE a tenu à recadrer rapidement. Un de ses porte-paroles a ainsi précisé à l'AFP que, même s'il avait utilisé l'expression "pacte de croissance", Mario Draghi "n'a[vait] pas changé son message", c'est-à-dire qu'il préconise des réformes structurelles en zone euro et non une relance par les dépenses publiques.

Les observateurs étaient d'ailleurs restés prudents. A l'instar de François Beaudonnet, correspondant de France 2 à Bruxelles : "Il faut voir ce que M. Draghi entend par croissance. Je pense qu'il fait plus référence à une 'croissance de droite', basée sur des réformes structurelles comme la flexibilisation du marché du travail, un peu à l'Allemande, que sur une 'croissance de gauche' qui prônerait la relance par la dépense publique."

Hollande y voit tout de même une confirmation de sa proposition

François Hollande a souligné mercredi que si le président de la BCE "ne met[tait] pas forcément les mêmes choses que [lui]" dans les dispositifs censés stimuler la croissance, Draghi avait confirmé "ce qu['il] ne cesse de clamer". Soit "ajouter un pacte de croissance au pacte budgétaire".

Que le président de la BCE "puisse, lui aussi, ajouter une voix à d'autres confirme bien que l'annonce que j'avais faite, que l'engagement que j'avais pris va faire de l'élection française une élection aussi décisive en Europe, a-t-il ajouté.

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