Des économies sans hausses d'impôts : Moscovici veut suivre les conseils du FMI

La veille, le Fonds monétaire international a suggéré au gouvernement de mettre le holà sur sa politique d'austérité, pour ne pas compromettre une reprise déjà "incertaine". 

Le ministre de l\'Economie, Pierre Moscovici, lors d\'une conférence de presse à Moscou (Russie), le 19 juillet 2013.
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse à Moscou (Russie), le 19 juillet 2013. (KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP)

L'assainissement des finances publiques sera privilégié aux hausses d'impôts. Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, l'a promis mardi 6 août, se disant sur la même longueur d'onde que le Fonds monétaire international (FMI). La veille, l'institution a exhorté la France à ne pas casser la reprise annoncée par une consolidation budgétaire trop brutale.

Dans sa revue annuelle de l'économie française, publiée lundi 5 août, le FMI a conseillé à la France de prendre un peu plus de temps pour assainir ses finances publiques en 2014, car la reprise de l'économie est encore fragile. De la rigueur, certes, mais avec souplesse. 

Limiter les dépenses, ni plus, ni moins

Pour ne pas compromettre une éventuelle reprise, qualifiée d'"incertaine", le FMI suggère au gouvernement de renoncer à de nouvelles hausses d'impôts et de se contenter de limiter ses dépenses. Ce dernier point représente à lui seul deux tiers de l'effort de 20 milliards d'euros prévu par le gouvernement.

Pour le FMI, dont les économistes ont reconnu fin 2012 avoir sous-estimé l'impact des politiques d'austérité sur la croissance des économies, le déficit français reviendrait à 3,9% du PIB cette année, 3,5% en 2014 puis 2,8% en 2015.

"Le ministre rappelle à cet égard que le projet de loi de finances pour 2014, qui sera présenté en septembre, poursuivra l'effort de remise en ordre des finances publiques tout en soutenant la croissance, a réagi mardi Pierre Moscovici dans un communiqué. Il privilégiera les économies de dépenses par rapport aux hausses de prélèvements obligatoires", affirme le document.

Croissance et emploi : le FMI moins optimiste que la France 

Les indicateurs sont mauvais. Les conclusions du FMI prévoient ainsi un taux de chômage à 11,6% de la population active en 2014, contre 11,2% en 2013. Bien loin de l'objectif de François Hollande, qui s'est engagé à enrayer sa progression d'ici la fin de l'année. Une hausse limitée à 0,3% par an permettrait toutefois de revenir à l'équilibre structurel en 2017, toujours selon le FMI.

Enfin, le Fonds retient comme hypothèse une baisse de 0,2% du PIB français en 2013, puis une croissance limitée à 0,8% en 2014. Le gouvernement français, lui, table plutôt sur une croissance de 0,1% en 2013 et +1,2% l'année suivante.