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La Tunisie est un petit pays qui ne dispose que de peu de richesses naturelles

L'économie tunisienne repose sur trois secteurs clés: les industries de main d'oeuvre (notamment dans la sous-traitance textile), le tourisme et l'agriculture.La Tunisie a connu des taux de croissance importants ces dernières années, dépassant les 6% avant la crise.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Usine textile en Tunisie (AFP/FETHI BELAID)

L'économie tunisienne repose sur trois secteurs clés: les industries de main d'oeuvre (notamment dans la sous-traitance textile), le tourisme et l'agriculture.

La Tunisie a connu des taux de croissance importants ces dernières années, dépassant les 6% avant la crise.

Comme tous les pays, la Tunisie a subi la crise économique mondiale. Mais jamais sa croissance n'est devenue négative, le pays restant en grande partie peu touchée par la crise financière. Après un ralentissement en 2008, la Tunisie, "restée à l'écart de la crise financière, connaît un ralentissement de son activité économique qui tend à se généraliser", notait Ubifrance ajoutant que "les investissements dans le secteur offshore, qui stimulent habituellement le commerce extérieur, semblent marquer le pas après un développement significatif dans le secteur mécanique et électronique".

«Depuis la fin des années 1990, l'économie tunisienne est l'une des plus compétitives d'Afrique et a vu ses exportations de biens et services doubler entre 1996 et 2007 », écrit la Banque Mondiale à propos de la Tunisie mais note « la persistance d"un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes diplômés ».

« Cinquante ans après son indépendance, la Tunisie peut se targuer d'avancées économiques et sociales majeures, comme le montrent la multiplication par quatre du produit intérieur brut (PIB) par habitant, l'augmentation de l'espérance de vie à un niveau proche de celui des pays développés, ainsi que la baisse du taux de pauvreté descendu sous la barre des 4 % de la population », selon la BM.

Le pays le plus compétitif d'Afrique

Les exportations de biens ont doublé en valeur entre 1996 et 2007, tandis que les apports d'investissement direct étranger progressaient régulièrement pour atteindre 2,2 % du PIB pour la période 1996-2000, 2,6 % entre 2002 et 2005 et 5 % entre 2006 et 2008.

Selon le rapport de Davos sur la compétitivité mondiale 2009, la Tunisie est aujourd'hui le pays le plus compétitif d'Afrique. Tous ces éléments se traduisent par une croissance qui atteint 5 % depuis le milieu des années 1990, malgré des chocs internes récurrents (sècheresses) et en dépit des crises mondiales qui pèse sur une industrie en partie tournée vers l'exportation à destination des pays développés.

La Banque Mondiale note cependant des faiblesses dans la politique économique du pays : «L'économie tunisienne reste largement dominée par des activités à faible valeur ajoutée, nécessitant un niveau de qualification peu élevé". Les secteurs économiques tunisiens emploient essentiellement une main-d'œuvre peu qualifiée, et seules 15 % des personnes travaillant aujourd'hui possèdent un diplôme universitaire. Plus de 90 % des employés du textile et de l'habillement ou des secteurs de l'électricité et de la mécanique (qui représentent ensemble 60 % des exportations tunisiennes) sont peu qualifiés. Un véritable problème pour un pays qui a fait de réels efforts pour développer l'éducation (8% du PIB), y compris dans le supérieur.

Pour développer cette économie exportatrice, la Tunisie a offert aux investisseurs étrangers de vrais avantages en créant un régime offshore (détaxation des investissements, rapatriement défiscalisé des bénéfices). Cette politique, accompagnée de privatisations et de libéralisations dans les échanges, a été saluée par les organismes internationaux. Elle semble, cependant, montrer ses limites, car elle n'arrive pas à diminuer le chômage des jeunes. A cela s'ajoute une corruption aujourd'hui unanimement dénoncée. "Sans cette corruption, la Tunisie aurait pu atteindre des taux de croissance de l'ordre de 10%", affirme ainsi dans les Echos un économiste tunisien, Hakim Ben Hammouda.

"Le miracle économique tunisien a surtout fonctionné dans les années 80, explique Bétarice Hibou (chercheuse au Ceri-Sciences Po). "Aujourd'hui, on est toujours sur le modèle des années 70-80 avec le secteur textile qui continue de concentrer la majorité des emplois".

Principaux indicateurs de l'économie tunisienne

POPULATION : 10,4 millions d'habitants (dont 40% a moins de 25 ans) avec un indice de fécondité de 2,07.
SUPERFICIE : 163.610 km2 (dont 25.000 km2 de désert).

TAUX DE CROISSANCE du PIB : 6,3% (2007), 4,6% (2008), 3,1% (2009) 4,8% (2010)

PIB PAR HABITANT (en dollars): 3.955 $ (2008) 3.792 $ (2009)
Ces chiffres montrent un PIB par habitant nettement supérieur à celui du Maroc et comparable à celui de l'Algérie qui a du pétrole et du gaz.
TAUX DE CHOMAGE: environ 14%

L'AGRICULTURE représente 10% du PIB et 16% de la population active (2010). Avec 1,6 million d'hectares d'oliveraies (30% des terres agricoles), la Tunisie est le 4e producteur mondial d'huile d'olive (160.000 tonnes en 2010) et le 2e exportateur.
L'INDUSTRIE (35% du PIB): le Textile représente 50% des exportations, 250.000 emplois et 2.000 entreprises. Le pays a connu en 2010 une baisse de sa production de 15%.
LES SERVICES (54% du PIB): le tourisme représente plus de 7% du PIB tunisien et emploie quelque 400.000 personnes.Les quelque 6 millions de touristes annuels génèrent de 18 à 20% des recettes en devises du pays.

Espérance de vie : 74 ans
Taux d"alphabétisation : 78%




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