La reprise mondiale pourrait souffrir des actions entreprises par les Etats désireux de soutenir leur propre économie

C'est ce qu'a déclaré mercredi Dominique Strauss-Kahn."Il y a clairement l'idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique)", dit-il dans un entretien au Financial Times publié mardi soir sur son site internet.

Dominique Strauss-Kahn, le 9 octobre 2010
Dominique Strauss-Kahn, le 9 octobre 2010 (AFP -Nicholas Kamm)

C'est ce qu'a déclaré mercredi Dominique Strauss-Kahn.

"Il y a clairement l'idée qui commence à circuler selon laquelle les changes peuvent être utilisés comme une arme de politique (économique)", dit-il dans un entretien au Financial Times publié mardi soir sur son site internet.


"Mise en pratique, une telle idée constituerait un risque très grave pour la reprise mondiale (...) Toute approche semblable aurait un effet défavorable et particulièrement dommageable sur le long terme", a-t-il averti.

Les propos de Dominique Strauss-Kahn interviennent quelques jours avant l'assemblée générale annuelle du FMI qui se déroulera du 8 au 10 octobre et dont les dépréciations compétitives des monnaies constitueront l'un des thèmes principaux de l'ordre du jour.

Un nombre croissant de pays développés et émergents prennent des mesures afin de freiner la hausse de leur monnaie, le Brésil et le Japon étant les derniers en date.


Les inquiétudes du FMI
"Le système financier international reste dans une période de grande incertitude", affirme le FMI. Selon l'organisme, cette "incertitude demeure le talon d'Achille de la reprise économique".

Le FMI explique qu'il a réduit son estimation des dépréciations bancaires mondiales liées à la crise financière sur une période allant de 2007 à 2010, à 2.200 milliards de dollars, alors qu'il anticipait 2.300 milliards en avril.

Toutefois, prévient le FMI, les banques ont fait moins de progrès vis-à-vis de leur financement à court terme, avec un total de près de 4.000 milliards de dollars de dette à refinancer dans les deux années qui viennent.

Mais le risque existe toujours de voir les périls refaire surface. "Comme on l'a constaté à plusieurs occasions ces trois dernières années, la conjoncture que traverse le système financier mondial a maintenant le potentiel de passer très rapidement de propice à un mode de crise", a souligné le FMI. "La situation restant fragile, une partie du soutien public qui a été accordé aux banques ces derniers années devra être maintenue", a-t-il recommandé.

"Les stratégies qui prévoient le retrait des politiques monétaires et financières non conventionnelles pourraient devoir être reportées tant que la conjoncture ne sera pas plus solide", a poursuivi le Fonds, évoquant les liquidités injectées dans le système financier par les banques centrales.

Il a conseillé à ses Etats membres de favoriser la levée de nouveaux capitaux par les institutions financières.

"Dans ce contexte, les responsables politiques ne doivent pas gaspiller les occasions de renforcer et recapitaliser les systèmes bancaires, de s'attaquer au problème des entités trop importantes pour faire faillite, de réduire les engagements conditionnels, et de placer les finances publiques sur un chemin de redressement crédible", a-t-il expliqué.

Le FMI a estimé que l'Europe était sortie du pic de la crise des dettes publiques en mai en mettant en place un fonds de soutien aux pays en difficulté en mai. Néanmoins, a-t-il insisté, "il est nécessaire de maintenir des mesures politiques résolues pour rester solidement sur la voie d'un système financier résistant". Aux Etats-Unis, selon le Fonds, "la stabilité financière s'est améliorée, mais des poches de vulnérabilité demeurent dans le système bancaire" comme l'immobilier, encore très dépendant de l'Etat.