La production industrielle et la consommation au Japon ont enregistré un plongeon en mars

La production des usines nippones a chuté de 15,3% par rapport à celle de février, un recul mensuel jamais vu depuis la mise en place de cet indicateur en 1953 en raison du séisme du 11 mars.Un recul qui va peser sur la croissance annuelle de la 3e puissance mondiale.

(AFP)

La production des usines nippones a chuté de 15,3% par rapport à celle de février, un recul mensuel jamais vu depuis la mise en place de cet indicateur en 1953 en raison du séisme du 11 mars.

Un recul qui va peser sur la croissance annuelle de la 3e puissance mondiale.

L'industrie de la troisième puissance économique mondiale a subi de plein fouet le séisme de magnitude 9 et le tsunami géant qui ont endommagé les usines de la région du Tohoku (nord-est).

Parmi celles-ci figurent nombre de fournisseurs de l'industrie automobile, ce qui a entraîné une pénurie de pièces détachées sans précédent pour les constructeurs nippons, contraints de réduire les cadences de leurs sites d'assemblage. Ce secteur a vu sa production s'effondrer de près de moitié en mars, composants et voitures confondues.

D'autres domaines industriels ont été touché, et "les dommages dans les semi-conducteurs et autres produits électroniques ont été plus importants qu'attendu au départ", a souligné Hideki Matsumura, économiste à l'Institut de recherche du Japon .

Au-delà des dégâts directs aux infrastructures, logements et usines du Tohoku, estimés à 210 milliards d'euros par les autorités, la catastrophe a contraint à l'arrêt de centrales nucléaires et thermiques. Après avoir subi des coupures de courant dans les jours suivants le désastre, les usines du Tohoku mais aussi de la mégapole de Tokyo - poumon économique de l'archipel - devraient avoir à restreindre leur consommation d'électricité cet été lors du pic de consommation dû aux grandes chaleurs.

Recul de la consommation
Paralysés au début, les transports en commun essentiels au bon fonctionnement de la société urbaine japonaise ont été perturbés plusieurs semaines, gênant la logistique industrielle.

Au final, si la production des usines a fondu de près d'un tiers dans les zones touchées, elle s'est aussi réduite de 13,5% dans le reste du pays. Inquiets face à cette crise inédite depuis la guerre, les Japonais ont fortement réduit leurs dépenses "non essentielles", comme les loisirs, les sorties au restaurants, l'achat de voitures ou de vêtements.

La consommation moyenne des ménages s'est affaissée de 8,5% en mars par rapport au même mois de 2010, un record depuis la création de cet indicateur en 1964.

Selon une enquête du ministère de l'Economie, de l'industrie et du commerce (Meti), la production industrielle pourrait redémarrer dès le mois d'avril, bien qu'à un rythme relativement modéré. Si les constructeurs d'automobiles devraient continuer de souffrir du manque d'approvisionnement jusqu'à cet automne, des secteurs comme le BTP, l'industrie lourde et les télécommunications vont rapidement bénéficier de commandes importantes.

Résultat, la Banque du Japon a abaissé de 1,0 point, à 0,6%, sa prévision de croissance pour l'année budgétaire d'avril 2011 à mars 2012.