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La Maison Blanche semblait pourtant confiante dimanche que démocrates et républicains trouvent un accord d¿ici le 2 août

"Il reste encore du temps pour un grand accord" sur la réduction de la dette, a déclaré le directeur du budget de la Maison Blanche, Jacob Lew, sur la chaîne NBC.Mais le conseiller de Barack Obama est resté vague sur ce que le président était prêt à accepter pour sceller un accord avec les républicains.
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Le président des Etats-Unis, Barack Obama, donne une conférence de presse à la Maison blanche, le 11 juillet 2011. (AFP - Nicholas Kamm)

"Il reste encore du temps pour un grand accord" sur la réduction de la dette, a déclaré le directeur du budget de la Maison Blanche, Jacob Lew, sur la chaîne NBC.

Mais le conseiller de Barack Obama est resté vague sur ce que le président était prêt à accepter pour sceller un accord avec les républicains.

"Nous devons réduire les déficits de l'ordre de 4.000 milliards sur les 10, 12 prochaines années", a rappelé Jacob Lew. Mais "si ce n'est pas possible (...) nous devrions aller aussi loin que possible", a-t-il ajouté, sans plus de précisions sur le chiffre.

Samedi, le président a profité de son allocution hebdomadaire à la radio pour s'adresser, en public, à l'opposition. Prenant l'opinion publique à témoin, Barack Obama a appelé les élus à des "sacrifices partagés". A deux semaines de la date butoir du 2 août, le président a une nouvelle fois marqué l'urgence du relèvement du plafond de la dette en appelant à "une approche équilibrée" pour assainir les finances des Etats-Unis.

Les réunions quotidiennes cette semaine à la Maison Blanche entre
responsables républicains et démocrates du Congrès, sont restées jusqu'ici sans compromis. Obama et les républicains n'ont pas avancé sur la manière d'éviter aux USA un défaut de paiement sur leur dette.

Après une 5e réunion infructueuse sur la question jeudi, le président US a prévenu vendredi les républicains que le "temps presse" pour arriver à un accord permettant de relever le .

Faute d'accord, les pouvoirs publics seront en cessation de paiement le 2 août. Les agences de notation menacent de dégrader la note des USA.

"Le temps presse", a lancé vendredi Barack Obama au cours d'une conférence de presse à la Maison Blanche, avant d'indiquer qu'il est ouvert à une proposition "sérieuse" de ses adversaires. Dans le même temps, M. Obama a qualifié de "pas sérieux" le plan républicain de parvenir à un compromis sans augmenter les impôts.

Une nouvelle proposition républicaine, révélée vendredi, consisterait à réduire de 2.500 milliards de dollars les dépenses fédérales et limiterait les dépenses de l'administration à un certain pourcentage encore en discussion. En échange du relèvement du plafond de la dette, il appellerait à ajouter un amendement à la Constitution pour imposer un budget équilibré.

Les républicains souhaitent mettre ce plan au vote la semaine prochaine. Mais, M. Obama a disqualifié cette proposition, car elle ne prévoit aucune hausse d'impôts pour les plus fortunés.

Le président américain a donné jeudi 24 à 36 heures aux leaders démocrates et républicains pour trouver une solution, alors que les premiers réclament des coupes budgétaires et refusent les augmentations d'impôts.

De réunion en réunion...

La réunion de jeudi a été cordiale, ont souligné démocrates et républicains. "Le président a dit aux dirigeants (des groupes parlementaires) qu'ils n'avaient pas épuisé les moyens de parvenir à un grand accord (...) et que le moment était venu de retourner dans leur camp pour consulter pendant les 24 à 36 heures qui viennent et voir ce qui peut être fait", a expliqué un membre du Parti démocrate.

Si, passé ce délai, aucun "plan d'action" ne lui a été présenté, il pourrait convoquer une nouvelle réunion ce week-end, a-t-il poursuivi.

La réunion de mercredi, avait été houleuse et avait exaspéré Barack Obama, selon des responsables. Il avait élevé le ton face aux chefs de file du parti républicain au sujet du relèvement du plafond de la dette. L'ambiance était telle que le président américain avait fini par claquer la porte, selon Eric Cantor, numéro deux du groupe républicain à la Chambre des représentants.

En guise de conclusion à la réunion, Barack Obama leur aurait signifié qu'il ne ferait plus de concession, même s'il devait mettre son mandat en péril.

Un attaché parlementaire démocrate a toutefois jugé ce témoignage "exagéré".

Après Moody's, Standard & Poor's menace Washington
En l'absence d'accord sur le relèvement du plafond de la dette US
, Standard & Poor's pourrait abaisser la note souveraine des Etats-Unis dans les 90 jours, a averti l'agence de notation jeudi.

L'agence de notation Moody's avait déjà placé mercredi la note souveraine des Etats-Unis sous surveillance avec risque de déclassement.

Dans son avertissement Moody's disait entrevoir "une possibilité de plus en plus grande que le plafond légal de la dette ne soit pas relevé en temps voulu, ce qui donnerait lieu à défaut sur les obligations du Trésor".

Faute d'un tel relèvement, les pouvoirs publics seront en cessation de paiement le 2 août.

Désaccords entre républicains et démocrates
Barack Obama a proposé un plan de réduction du déficit budgétaire impliquant une hausse des impôts à laquelle s'opposent les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants.

Les démocrates considèrent qu'une hausse des prélèvements sur les revenus les plus élevés doit permettre de résoudre l'équation budgétaire, mais les républicains ne veulent pas en entendre parler.

Les responsables du parti conservateur réclament eux des coupes drastiques de 2.400 milliards dans les dépenses publiques en échange d'un relèvement du plafond de la dette.

Faute d'accord, Mitch McConnell, président du groupe républicain au Sénat, a proposé d'autoriser le président de relever unilatéralement le plafond de la dette. Mais la Maison Blanche n'y est pas favorable.

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