La banque publique d'investissement vole au secours de Caddie

Bpifrance va injecter de l'argent en urgence pour éviter le dépôt de bilan de l'entreprise Caddie, la célèbre marque de chariots roulants, et de son usine alsacienne de Drusenheim, rachetée par le groupe Altia il y a deux ans. Les 400 salariés se mobilisent depuis des semaines pour dénoncer des retards de paiements, que ce soit au niveau des salaires ou des factures de fournisseurs.

(Bpifrance va "accompagner financièrement" le groupe Altia, propriétaire de la société Caddie et qui traverse de grandes difficultés © Maxppp/Dominique Gutekunst)

Caddie sauvé ? La célèbre marque de chariots de supermarchés ainsi que trois autres filiales du groupe Altia sont au bord du dépôt de bilan. Quelque 1.500 postes sont concernés en France, dont 450 chez Caddie. Mais à quelques jours de la date fatidique (le 9 juin) Bpifrance, le fonds d'investissement de l'Etat, vient au secours du groupe en injectant de l'argent.

Bien que déjà actionnaire d'Altia à hauteur de 20%, Bpifrance est obligé de remettre la main à la poche. Car même si les carnets de commandes de Caddie et des autres filiales sont plutôt bien fournis, même si le chiffre d'affaires global s'élève à plus de 300 millions d'euros, Altia souffre d'un grave problème de trésorerie. Cet argent frais va au moins permettre de payer les salaires du mois de mai et de régler les fournisseurs à l'usine Caddie de Drusenheim, en Alsace.

"Le site est laissé à l'abandon

Selon le délégué CFTC du site Jean-Paul Ostertag, Caddie est aujourd'hui asphyxié financièrement. "On ne peut pas travailler parce qu’on n’a pas de matériel. Il manque toujours quelque chose. Il n’y a plus de gaz, vous n’avez plus de zinc, vous n’avez plus d’acide, vous n’avez plus de chaux. Comment voulez-vous de la qualité quand vous n’avez pas les matières premières ?! Ils ne paient plus les fournisseurs. Vous avez même le site qui est laissé à l’abandon. Il n’y a plus de gardiennage, plus de femme de ménage, y a plus de "pq", plus d’enveloppe, plus de papier, y a plus rien ", dénonce le syndicaliste, exaspéré.

Bpifrance va également changer toute l'équipe dirigeante. Mais chez Caddie, on pense que ça ne suffit pas. Altia, actionnaire majoritaire, on n'en veut plus. Et des élus locaux s'activent déjà pour tenter de trouver un industriel capable de reprendre la PME alsacienne.