L'organisation UFC-Que Choisir dénonce l'augmentation des tarifs bancaires entre 2004 et 2009

Dans une lettre envoyée mardi à Bercy, l'association de défense de consommateurs met en cause les pratiques des banques et dénonce des brochures "trop lourdes pour permettre un point comparaison".Elle demande une "vraie réforme de la tarification bancaire" et fait sept propositions concrètes à Christine Lagarde, ministre de l'Economie

Les commissions sur le fonctionnement des comptes clients représenteraient 30 à 40% des revenus des banques.
Les commissions sur le fonctionnement des comptes clients représenteraient 30 à 40% des revenus des banques. (AFP - Bertrand Guay)

Dans une lettre envoyée mardi à Bercy, l'association de défense de consommateurs met en cause les pratiques des banques et dénonce des brochures "trop lourdes pour permettre un point comparaison".

Elle demande une "vraie réforme de la tarification bancaire" et fait sept propositions concrètes à Christine Lagarde, ministre de l'Economie

Cette initiative ne doit rien au hasard. Un rapport sur les tarifs bancaires commandé par la ministre, doit justement est attendu d'ici courant juin. Mme Lagarde s'est en effet déjà inquiétée de cette dérive et a confié une mission en mars à deux personnalités, Georges Pauget (ancien directeur général du Crédit Agricole) et Emmanuel Constans (président du Comité consultatif du secteur financier, CCSF).

15 milliards issus des frais perçus sur les clients

Selon l'UFC-Que Choisir, les banques font payer, depuis 2004, des services qui étaient auparavant gratuits. En moyenne, il y a neuf nouvelles opérations facturées dans la banque de détail, qui s'ajoutent à la longue liste déjà existante des opérations payantes. Les tarifs bancaires représenteraient ainsi 40% des revenus de la banque de détail, soit 15 milliards d'euros.

L'association de défense des consommateurs dénonce aussi les packages vendus par les banques, censés être moins chers pour le consommateur et qui sont en définitive plus chers. Sur 12 banques étudiées, seules deux proposent des packages intéressants. Les autres représentent en moyenne un surcoût de 25,7% pour le consommateur.

Les tarifs appliqués par les banques en cas de découvert autorisé, avec des taux supérieurs au taux de 19,45% fixé par une jurisprudence de la Cour de Cassation de 2008, sont également critiqués.

Autre reproche : l'opacité des règles. "Les brochures sur les tarifs publiées par les banques comptent en moyenne 24 pages et 303 tarifs, comparer les tarifs relève du parcours du combattant", remarque UFC-Que Choisir. La palme revient à LCL avec une brochure de 63 pages et à la Caisse d'Epargne IDF avec 396 tarifs.

Les propositions de UFC-Que Choisir

Parmi ses préconisations, l'association propose que les frais aient une dénomination commune quelle que soit la banque afin que le consommateur puisse choisir en connaissance de cause. Au début de chaque brochure, il devrait y avoir aussi un récapitulatif des principaux tarifs.

Il faudrait également limiter le nombre et le montant des frais sanctions encaissés par les banques suggère l'association et adresser une facturation au client avant le prélèvement des frais bancaires. Dans certains cas, les commissions d'intervention encaissées par la banque peuvent coûter plus de 1.000 euros par mois au client en difficulté. Pour M. Roullet, c'est le "début de l'engrenage".

UFC-Que Choisir propose également la création d'un observatoire des tarifs bancaires "pour que les banques vivent un peu moins cachées".

Les banques se défendent

En réponse à la publication de l'étude de l'association, les banques ont réagi affirmant avoir "engagé depuis plusieurs années une démarche d'amélioration de l'information de leurs clients, notamment sur les prix des services bancaires".

"Des plaquettes simplifiées sont à la disposition des clients", ajoute la Fédération bancaire française (FBF) en précisant que les "banques continueront à améliorer la qualité de la présentation des services offerts à leurs clients".

En septembre, la Commission européenne avait déjà épinglé la France, classée 3e sur 27 pays de l'Union européenne pour la cherté de son panier de services bancaires.