L'Irlande a annoncé jeudi un déficit public pour cette année de 32% de son PIB

Un déficit record du au sauvetage par l'Etat d'une banque, l'Anglo Irish Bank. Le sauvetage de cette banque pourrait atteindre et dépasser les 34 milliards d'euros.Autre mauvaise nouvelle pour la zone euro, l'agence de notation Moody's a retiré jeudi sa note maximale "Aaa" à l'Espagne.

Anglo Irish bank
Anglo Irish bank (AFP/PETER MUHLY)

Un déficit record du au sauvetage par l'Etat d'une banque, l'Anglo Irish Bank. Le sauvetage de cette banque pourrait atteindre et dépasser les 34 milliards d'euros.

Autre mauvaise nouvelle pour la zone euro, l'agence de notation Moody's a retiré jeudi sa note maximale "Aaa" à l'Espagne.

Initialement, le coût de la restructuration de l'Anglo Irish Bank, renflouée à grands frais par l'Etat depuis sa nationalisation début 2009 en raison de pertes massives liées à des créances "pourries", était évalué autour de 25 milliards d'euros (dont près de 23 milliards ont déjà été déboursés). Mais suite à la modification au début du mois du plan de restructuration de la banque, la Banque Centrale d'Irlande a revu cette facture à la hausse.

Parallèlement, la Banque Centrale a annoncé qu'une autre banque irlandaise en difficulté, Allied Irish Banks (AIB), qui devait déjà augmenter ses fonds propres de 7,4 milliards d'euros d'ici la fin de l'année, devrait lever 3 milliards supplémentaires, avec l'aide de l'Etat qui s'était déjà dit prêt à participer à sa recapitalisation.

La hausse du déficit va faire également s'envoler la dette publique irlandaise à 98,6% du PIB cette année en données brutes, contre 64% fin 2009. Sur les marchés financiers, l'Irlande a indiqué qu'elle n'empruntera pas sr les marchés avant le début 2011.

A titre de comparaison, le déficit de la Grèce qui avait affolé les marchés était prévu à 12,7 % du produit intérieur brut. L'Irlande peut résoudre son problème bancaire "sans l'aide du fonds européen de sauvetage", a assuré jeudi le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

La dégradation de la note de l'Espagne -pays catalogué parmi les "pigs" (Portugal, Ireland, Greece et Spain) par les acteurs de la finance pour évoquer les pays à risque de la zone euro- s'accompagne d'une perspective stable, qui implique que Moody's n'envisage pas de procéder à un nouvel abaissement à court ou moyen terme. Dans son texte, Moody's met en avant "les faibles perspectives de croissance du pays", par rapport à ceux des autres pays notés "Aaa". "Le processus de rééquilibrage de l'économie", qui doit la rendre moins dépendante du secteur de la construction, "devrait prendre plusieurs années", note-t-elle.

Les marchés ont accueilli avec mesure ces informations, celles-ci étant attendues. Les bourses étaient orientées à la baisse jeudi, mais de façon modérée. Quant aux emprunts d'état, ils n'ont que peu évolué.