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Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC, nous a donné ses prévisions boursières pour 2011

"Après une année très mitigée pour la bourse française, je vois un CAC dans les 4.500 pts à la fin de l'année", nous a affirmé Jean-Louis Mourier, économiste dans la société d'investissement Aurel BGC.Base de cet optimisme: "Malgré les problèmes persistants dans la zone euro, il n'y a plus de surprise de l'ampleur de la crise grecque à attendre".
Article rédigé par Pierre Magnan
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min
  (AFP)

"Après une année très mitigée pour la bourse française, je vois un CAC dans les 4.500 pts à la fin de l'année", nous a affirmé Jean-Louis Mourier, économiste dans la société d'investissement Aurel BGC.

Base de cet optimisme: "Malgré les problèmes persistants dans la zone euro, il n'y a plus de surprise de l'ampleur de la crise grecque à attendre".

Comment voyez-vous l'année boursière 2011 ?
-Jean-Louis Mourier: Je m'inscris dans le consensus des autres analystes qui prévoit une hausse du CAC 40 (indice phare de la bourse de Paris). Après le bilan très mitigé de la place parisienne en 2010 (le Cac a terminé en recul de 3,3%), l"année devrait se terminer sur une hausse de 12-13%. Le Cac devrait terminer autour des 4.500 points.

Sur quoi basez-vous cet optimisme ?
-Jean-Louis Mourier: Malgré les risques qui continuent à peser sur les dettes souveraines, les marchés ont intégré cette question et n"attendent plus des surprises de la même ampleur que celles qui ont secoué la Grèce ou l"Irlande. Côté bonnes nouvelles, la croissance mondiale continue, même en légère baisse, notamment dans les pays émergents, autour de 3-4%. De leur côté, les USA confirment leur rebond, même si ce rebond est plus faible que lors des précédentes crises. En Europe, même si la progression ne dépasse pas les 2%, on a une croissance plus solide grâce à la résistance de la consommation et une reprise de l"investissement.

Quels sont les secteurs qui devraient profiter de cet optimisme ?
-Jean-Louis Mourier
: Nous privilégions les secteurs des technologies de l"information et celui des assurances. Ce dernier secteur qui a souffert en 2010 devrait profiter de la remontée inévitable des taux longs.
Nous sommes aussi positifs sur le secteur des télécoms qui devraient pouvoir digérer les politiques fiscales des états qui visent ces secteurs difficilement délocalisables. En clair, les consommateurs devraient payer le fait que les opérateurs vont répercuter les nouvelles taxes imposées aux opérateurs. Positifs toujours sur les secteurs dépendant de la consommation des ménages, avec notamment la distribution ou l"agro-alimentaire.

Nous restons neutres sur le secteur bancaire, qui devrait cependant moins souffrir que l"année passée. En revanche, nous sommes plus réservés sur le luxe, qui a beaucoup bénéficié de la croissance des pays émergents en 2010, sur la construction et les matériaux de construction, secteur qui devrait pâtir des politiques budgétaires restrictives des gouvernements européens. Nous restons de côté pour l"automobile qui devrait connaître un début d"année difficile et nous sous-pondérons le secteur de la chimie.

Le décalage entre la bourse de Paris et la bourse allemande va-t-il continuer ?
-Jean-Louis Mourier: On devrait enregistrer en 2011 une sous-performance de l"indice allemand par rapport aux autres indices européens, contrairement à 2010 où le Dax allemand a terminé en hausse de 16% (Paris -3,3%). L"effet Dax de 2010 s"expliquait par le fait que lors de la crise des dettes souveraines, les investisseurs ont recherché la sécurité du côté allemand. On devrait donc assister à une correction de cet écart, qui s"explique aussi par des éléments techniques et la composition des indices (l"indice allemand est moins composé d"entreprises financières et plus d"entreprises exportatrices).

-Et les obligations ?
-Jean-Louis Mourier: La tendance des rendements à la hausse devraient se poursuivre. Ce qui signifie que la valeur des obligations devrait baisser. La politique monétaire américaine fait en effet craindre une progression de l"inflation.

-Auriez-vous des conseils à donner à un investisseur ?
-Jean-Louis Mourier: La classe d"actifs la moins chère et qui a le potentiel de hausse le plus important, ce sont les actions européennes avec des conditions économiques plus favorables. Concernant les actions, je conseillerais donc les assurances et les télécoms plutôt que les actions des secteurs cycliques.
Hors actions, il faut se méfier des obligations qui n"ont pas un capital garanti.

Toujours difficile de faire ce genre d'exercice de prévisions d'une année boursière. Le très médiatique Marc Fiorentino rappelle dans "La Tribune" du 3 janvier qu'en 2010 le consensus de début d'année parlait d'un Cac en fin d'année à 4.500 (3.800 dans les faits). Le patron d'Allofinance rappelle que les analystes travaillent "dans l'industrie financière et que "le consensus a toujours tort et que se "positionner en janvier 2011 en visant décembre 2011 est financièrement suicidaire".

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