Reportage Inflation : "Les prix des produits phares de Noël sont en baisse cette année", se réjouissent les grossistes de Rungis

Avec le ralentissement de l'inflation, les fêtes de fin d'année seront un peu moins chères à Rungis. Certains produits gastronomiques seront plus accessibles qu'auparavant.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Des coquilles Saint-Jacques de la maison Reynaud au marché de Rungis, décembre 2023. (SOPHIE AUVIGNE / RADIOFRANCE)

Même à quatre heures et demie du matin dans l'immense halle du Marché international de Rungis, le plus grand marché de produits frais au monde, Alexandre Kulas a l'œil pour repérer les belles volailles. Ce charcutier-traiteur à Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne, ne laisse rien au hasard à quelques jours de Noël : "Les chapons sont commandés, les poulardes, les dindes", dit-il.

L'an dernier, entre grippe aviaire et inflation, les prix ont flambé avant les fêtes. Mais, dans les couloirs de Rungis, nombreux sont ceux qui assurent que c'est du passé : "Cette année, on nous annonce entre 8 et 12 % de baisse, explique le charcutier. Donc c'est plutôt une bonne nouvelle et c'est quelque chose qui va être répercuté sur le client final bien sûr", précise Alexandre Kulas.

Une nécessité sous peine de rater décembre, un mois qui compte double pour les grossistes comme Julien, vendeur pour la maison Courtin Hervouet. "Si je fais le compte, j'ai 5 000 volailles cette année, il faut que je les vende, détaille-t-il. On a réduit un petit peu en comparaison à l'année dernière parce que s’il nous reste de la marchandise, il faudra que l'on brade et on perdra tout ce que l'on a fait correctement en début d'année. L'année dernière, on a bradé un peu de marchandise. Il faut quand même éviter".

Les clients reprennent des risques

Au Pavillon de la marée aussi, Stéphane Raynaud le répète : les prix reculent. Sa maison, du même nom, aura 100 ans dans quelques jours. "Les deux produits phares de Noël, notamment la crevette et les huîtres, baissent cette année. Sur certaines espèces comme celles de Quiberon, ça peut baisser de 5 à 10 € au kilo. C'est une baisse qui est substantielle".

Quelques produits gastronomiques sont un peu moins chers cette année à Rungis. (SOPHIE AUVIGNE / RADIOFRANCE)

Une bonne nouvelle pour tout un secteur : les consommateurs ont réduit leurs achats de poisson, comme de viande d'ailleurs. Mais la confiance semble revenue, selon Véronique Girardot, à la tête du syndicat des grossistes de poisson et patronne de la Maison Blanc, experte en huîtres. "À un moment donné, sur le marché, ce qui était un peu dommage, c'est qu'on ne trouvait plus de bons produits parce qu'on avait peur de ne pas les vendre, assure-t-elle. La langoustine vivante à 64 euro le kilo par exemple, c'était cher. Les gens prenaient plus le risque. Mais aujourd'hui, ça reprend !", se rejouit l'experte.

Cela n'empêche pas Rungis de rester le plus grand marché du monde avec un milliard six cent mille euros de chiffre d'affaires cette année, contre un milliard l'an dernier. 

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