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Infographies Inflation : ce qui augmente fortement, ce qui augmente moins, les raisons de la hausse... franceinfo a relevé les prix dans vos supermarchés

Les produits premiers prix sont en très forte hausse, +15% sur un an, alors que les produits de marque n'augmentent que de 9% sur les 12 derniers mois.
Article rédigé par Théo Uhart - Géraldine Houdayer
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Un employé remplit le rayon viandes d'un supermarché bordelais. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

La margarine, le concentré de tomate et la viande hachée surgelée : voici le trio de produits dont l'inflation est la plus importante entre novembre 2021 et novembre 2022 en France. C'est le résultat de l'analyse des données fournies par notre partenaire, le cabinet spécialisé en consommation NielsenIQ, qui nous a donné accès aux chiffres de l'inflation des près de 2500 catégories de produits qu'il suit, en nous fournissant ces données département par département. On fait le point sur ce que ces données nous enseignent.

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Les produits premiers prix en très forte hausse

Tout augmente, mais eux augmentent bien plus vite que les autres : les produits premiers prix. Ces produits à l'emballage blanc, souvent situés en bas des rayons des supermarchés, ont vu leur prix bondir de 15% sur les 12 derniers mois. Avec des chiffres parfois impressionnants : la farine a augmenté de 44%, les mouchoirs en papier de 37% ou le concentré de tomate de 48%. Certains produits premiers prix ont même vu une hausse de plus de la moitié de leur prix d'il y a un an. C'est le cas de la margarine par exemple, dont l'inflation est de 58% ou des huiles qui ont augmenté de 56%.

L'autre forte augmentation, ce sont les produits des marques distributeurs, en hausse de plus de 14% sur un an. C'est donc une forme de double peine pour les consommateurs qui se sont progressivement détournés des grandes marques vers ces produits distributeurs et premiers prix ces dernières semaines pour pallier l'inflation. "On constate depuis quelques périodes une 'dépremiumisation', néologise Emmanuel Cannes, expert prix et inflation chez NielsenIQ. Les gens consomment moins de produits premium, moins de produits bio par exemple. On revient à une consommation de produits plutôt basiques."

Alors comment expliquer ces différences de hausse ? "Le poids la matière première est beaucoup plus important", souligne Emmanuel Cannes. "Quand le prix des matières premières augmente, l'impact de la hausse est très élevé sur le prix final payé par le consommateur", détaille-t-il, car puisque les marges des enseignes sont faibles sur ces produits et qu'elles ne peuvent pas vendre à perte, elles n'ont d'autre choix que de rehausser les prix. Alors que "quand vous achetez une marque nationale, vous payez la matière première, mais aussi les coûts de marketing, de publicité etc.", ajoute l'expert de NielsenIQ. De fait, le poids des matières premières y est proportionnellement moins important, et les marques disposent ainsi d'une variable d'ajustement.

Dans le top 10, la margarine, la viande hachée surgelée et les épinards

En plus des produits présents dans notre panier de courses franceinfo, réalisé en partenariat avec France Bleu et NielsenIQ, nous avons pu analyser les hausses de tous les autres produits en supermarché, tous types de produits (premiers prix, distributeurs ou marques) confondus. Les plus fortes hausses sur un an concernent la margarine, le concentré de tomate et la viande hachée surgelée. 

La guerre en Ukraine explique évidemment une partie des hausses. Elle a fait augmenter les prix des huiles végétales, d'où la hausse de la margarine, ainsi que les cours des céréales. Les hausses de ces dernières ont fait augmenter les prix de l'alimentation animale, qui se répercutent sur les prix des produits issus des animaux : lait, beurre, viande... Enfin, la troisième cause principale est évidemment la crise énergétique, qui fait bondir les factures d'électricité des industriels et des supermarchés. Et in fine, une partie de ces hausses sont répercutées sur le ticket de caisse.

L'impact de la hausse des matières premières

En plus des céréales, "il y a eu beaucoup de hausses de coûts de matières premières de manière générale sur le premier semestre 2022, qui se répercutent sur cette fin d'année", constate Emmanuel Cannes.

C'est le cas par exemple de la pâte à papier. Papier toilette, essuie-tout, mouchoirs... tout augmente. C'est impressionnant sur le papier hygiénique premier prix, dont l'inflation est de 28% sur un an. "Le cours de la matière première, le bois, a pas mal augmenté début 2022", précise Emmanuel Cannes de NielsenIQ. Entre cette hausse et celle des coûts énergétiques de transformation du bois en pâte à papier et de la pâte à papier en produit final, cela se ressent à la caisse. Cette hausse touche aussi le prix des emballages. En plus du carton, directement touché par l'inflation sur le papier, l'aluminium et le plastique ont eux aussi augmenté sur un an. 

Peut-on espérer prochainement la fin de l'inflation à deux chiffres ? Pas vraiment, répond NielsenIQ. La fin des négociations commerciales entre producteurs, industriels et distributeurs fin février "va avoir un impact. Les hausses demandées par les fabricants sont pour la plupart au-delà de deux chiffres", indique Emmanuel Cannes. La hausse va donc se poursuivre, "au moins jusqu'à mi-2023", avertit NielsenIQ.

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