VIDEO. Veolia-Suez : "Les mariages de force, ça ne marche pas", affirme Bruno Le Maire qui plaide pour "un accord à l'amiable"

Le rachat de Suez par son concurrent Veolia "ne fonctionnera pas" sans "un accord amiable" entre les deux groupes, a estimé sur franceinfo le ministre de l'Economie qui "souhaite que les discussions reprennent tout de suite".

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"Les mariages de force, je n'y crois pas", affirme Bruno Le maire, mardi 6 octobre sur franceinfo, à propos du dossier du rachat par Veolia de son concurrent Suez. Ce rachat "ne fonctionnera pas" sans "un accord amiable" entre les deux groupes, a encore estimé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire qui "souhaite que les discussions reprennent tout de suite". "J'ai beaucoup donné dans cette affaire", a enfin souligné le ministre qui préfère désormais "s'occuper des Français".

"Les mariages de force, je n'y crois pas, ça ne marche pas dans la vie et ça ne marche pas non plus dans la vie des affaires", assure le ministre de l'Economie. "La position de l'Etat a été constante. Il faut un accord amiable entre Suez et Veolia. (...) Je pense que nous étions à quelques centimètres d'un accord", avance Bruno Le Maire qui indique avoir travaillé "depuis des jours" pour aboutir à un accord.

Nous nous sommes heurtés à l'intransigeance des uns et à la précipitation des autres.

Bruno Le Maire

à franceinfo

L'un des objectifs de ce mariage entre Suez et Veolia est de créer "un champion de classe internationale dans le domaine du traitement de l'eau et des déchets". Ce qui aurait pour effet de "préserver l'emploi en cette période de crise", analyse Bruno Le Maire.

"Les conditions n'étaient pas réunies"

Le groupe Suez a dénoncé mardi des "conditions inédites et irrégulières", au lendemain de l'accord sur le rachat par Veolia de 29,9% de son capital détenu par Engie. Ce lundi soir, le conseil d'administration d'Engie a décidé d'accepter l'offre de Veolia et de lui vendre ses parts, en dépit du vote contraire de l'Etat, actionnaire à hauteur de 22% d'Engie. "Les conditions n'étaient pas réunies pour que l'opération se fasse", se justifie ce mardi Bruno Le Maire. "La condition pour que cela se fasse, c'est un accord amiable", martèle le ministre pour expliquer le vote de l’Etat lundi soir.

"J'ai beaucoup donné dans cette affaire", soupire enfin Bruno Le Maire qui "pense surtout aux 65 millions de Français qui s'inquiètent pour leur usine, leur café, leur restaurant". "Je vais donc m'occuper des Français", conclut-il.

"Je pense que ça n'est pas glorieux, en effet, qu'on pourrait attendre mieux de la part de nos entreprises d'arriver à trouver un terrain d'entente", a de son côté vivement réagi la ministre du Travail de l’Emploi et de l’Insertion Élisabeth Borne sur France Inter. "On pourrait se dire que c'est une bonne nouvelle qu'on ait deux acteurs majeurs qui se rapprochent pour faire un champion mondial. Les conditions dans lesquelles ça se passe sont extrêment critiquables."

Bruno Le Maire, ministre de l\'Economie, invité de franceinfo mardi 6 octobre 2020.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, invité de franceinfo mardi 6 octobre 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)