Redressement judiciaire de British Steel : "Je reste optimiste", estime l'avocat qui a géré le dossier Ascoval

Guilhem Brémond, l'avocat qui a pris en charge le dossier Ascoval, a réagi sur franceinfo au placement en redressement judiciaire de British Steel en Grande-Bretagne. 

L\'ancien site d\'Ascoval qui appartient désormais à British Steel, en mai 2019. 
L'ancien site d'Ascoval qui appartient désormais à British Steel, en mai 2019.  (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

"Aujourd'hui, on n'est pas en train de parler au passé du projet British Steel, car le projet British Steel c'est une réalité", a affirmé mercredi 22 mai sur franceinfo maître Guilhem Brémond, l'avocat qui s'est occupé du dossier Ascoval, alors que la maison mère de Bristish Steel vient d’être placée en redressement judiciaire par les autorités britanniques.
Le site de Saint-Saulve "est bien financé pour son activité dans les mois qui viennent", assure Guilhem Brémond. Il salue les salariés "attachés à leur entreprise". L'avocat reconnaît qu'ils sont "préoccupés", mais il a "confiance en eux" et se dit "convaincu qu'ils vont y arriver".

franceinfo : Quelle confiance avez-vous en British Steel?

Guilhem Brémond : La situation est préoccupante. British Steel s'est mis en procédure d'administration, une procédure anglaise équivalente de la sauvegarde française. Cela tend à protéger une entreprise pour lui permettre de résoudre ses difficultés et de poursuivre son activité. La recherche de British Steel, c'est une solution de poursuite. Aujourd'hui, on n'est pas en train de parler au passé du projet British Steel, car le projet British Steel c'est une réalité. Ils ont pris effectivement l'entreprise le 15 mai dernier. Ils ont injecté les fonds prévus à ce moment-là. C'est ce projet que nous exécutons aujourd'hui.

Que représente British Steel au Royaume-Uni ?

British Steel représente 5 000 emplois au global, 20 000 emplois indirects. C'est un très gros acteur de l'acier. L'acier est un marché compliqué qui subit des remous mondiaux. British Steel est confronté aux difficultés globales du marché, aux recompositions qu'on connaît et à la situation spécifique de l'Angleterre et au Brexit. Il est évident qu'on sent dans leur préoccupation la volonté de se tourner vers une production d'acier en Europe continentale.


C'est une usine performante, une entreprise d'avenir, mais les salariés disent : "si on perd l'image British Steel, on ne redevient que 240 salariés" ?

Aujourd'hui beaucoup de questions se posent. On n'a pas les réponses à toutes ces questions. Nous travaillons avec les représentants de British Steel en France et en Europe. Ils sont en phase d'exécution. Les fonds qui devaient être injectés jeudi dernier l'ont été. L'entreprise est bien financée pour son activité dans les mois qui viennent. Je ne crois pas que Saint-Saulve soit en risque de se retrouver seul comme il l'était avant. Je reste optimiste. Cela fait des mois que je vis avec les péripéties de Saint-Saulve. Jamais on n'en serait là s'il n'y avait pas les salariés aussi attachés à leur entreprise et qui font un travail extrêmement remarquable. Aujourd'hui ils sont légitimement préoccupés. La situation pour eux n'est pas confortable. J'ai confiance en eux et je suis convaincu qu'ils vont y arriver.