Rachat de Gemalto par Thales : les salariés inquiets

Il était connu comme le roi de la carte à puce, leader français de la sécurité numérique. Désormais en difficulté, Gemalto vient d’accepter une offre de rachat par le spécialiste de l’électronique de défense Thales. Un plan de rachat validé par l’État, qui prévoit tout de même la suppression de 288 postes.

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Ce matin du 18 décembre, devant les grilles de l’usine Gemalto près de Marseille, les salariés se posent beaucoup de questions. Ici, ils fabriquent des puces pour téléphones et cartes bancaires. Être racheté par un spécialiste de la défense ne les rassure pas. "Aujourd’hui Thales n’est pas sur la carte SIM, sur les produits bancaires, qu’est-ce qui va advenir de ces entités-là dans le futur, on ne sait pas", s’interroge Laurent Valette, délégué syndical CFE-CGC.

288 postes menacés

Gemalto, c’est 15 000 salariés dans le monde. Thales, le géant de la défense, en emploie 64 000 et va débourser 4,8 milliards d’euros pour ce rachat. À la clé, la création d’un leader mondial de la cyber sécurité. Mais ce mariage officialisé ce matin ne remet pas en cause la suppression de 288 postes chez Gemalto. Thales promet aujourd’hui un meilleur accompagnement : "J’ai décidé d’ouvrir ce qu’on appelle la bourse de l’emploi chez nous, tous les postes ouverts chez Thales (…) aux employés salariés de Gemalto qui pourraient être intéressés", explique Patrice Caine, PDG de Thales. S’il ne rassure pas les salariés, le mariage séduit la bourse : à la mi-journée, l’action de Thales était en hausse de 7 %.

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Philippe Vallee (à g.), PDG de Gemalto, et Patrice Caine, PDG de Thales, ont officialisé l\'union de leur entreprise, lundi 18 décembre 2017, à Puteaux (Hauts-de-Seine).
Philippe Vallee (à g.), PDG de Gemalto, et Patrice Caine, PDG de Thales, ont officialisé l'union de leur entreprise, lundi 18 décembre 2017, à Puteaux (Hauts-de-Seine). (BERTRAND GUAY / AFP)