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Plateforme Total : l'offshore en questions

Total tente toujours d'identifier la cause spécifique de la fuite de gaz en cours sur un gisement en mer du Nord. Le groupe pétrolier étudie toutes les options possibles pour faire face à la fuite, mais cela pourrait prendre des mois.L'offshore se développe très fortement aujourd'hui et des questions se posent autour de la sécurité dans ces gisements de haute mer.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Franceinfo (Franceinfo)

Un nuage de gaz explosif s'est formé ces dernières heures autour d'une plate-forme du groupe pétrolier au large de l'Ecosse. Les autres entreprises opérant dans le secteur ont été contraintes d'évacuer plusieurs centaines de personnes et à interrompre une partie de leur production.
Total assure sur France Info que la fuite n'a pas pour l'instant d'impact sur l'environnement.
Ce n'est pas l'avis de Frederic Hauge, qui dirige Bellona,
un important groupe de défense de l'environnement norvégien
suivant de près l'exploitation pétrolière en Mer du Nord.
Estimant qu'il s'agissait "du puits de l'enfer ", il a jugé que "le problème échappe à tout contrôle".

Des inquiétudes soulevées récemment par le Conseil économique, social et environnemental. Le CESE estime que les forages pétroliers et gaziers en mer "se développent très fortement ". 50% des réserves de pétrole seront offshore en 2015.
Plusieurs raisons expliquent cet engouement : les gisements terrestres sont en voie d'épuisement, la demande de pétrole augmente, notamment avec les pays émergents et la découverte de gisements en haute mer (en Guyane et Méditerranée notamment) donnent à l'offshore un avenir prometteur.

"Mettre en œuvre de la haute surveillance"

Seulement voilà, ces gisements de haute mer interviennent
dans un cadre juridique "complexe, incomplet et ambigu ".
Dans un rapport rendu publique il y a quelques jours, Alain Feretti et Jacques Beall du CESE préconisent  une réglementation internationale spécifique pour anticiper les risques environnementaux.

Les deux rapporteurs préconisent  une "refonte du cadre international et français". Il n'existe "aucune réglementation internationale spécifique à l'activité offshore ".
Par ailleurs, "le marché des assurances ne semble pas actuellement en mesure de couvrir les risques des plus gros accidents ".
Pour Alain Feretti, "les problèmes existent ". Il faut aller vite.
D'autant que l'offshore est "consommateur de carbone ".

On se souvient notamment de l'explosion sur la plateforme
"Deep Water Horizon" au large du Golfe du Mexique ne avril 2010. Elle a provoqué l'une des pires marées noires de l'histoire des Etats-Unis.
Aujourd'hui, une étude américaine révèle que le corail a été souillé jusqu'à 11 km du puits.

L'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA) estime que 20 000 fuites de pétrole ont lieu chaque année aux Etats-Unis.
Il y a quelques mois, The Guardian avait révélé que chaque semaine ou presque, les plateformes pétrolières laissent fuir du pétrole et du gaz dans les eaux de la Mer du Nord.

 

 

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