Plan de soutien automobile : une voiture hybride ou électrique dont "le prix de départ est élevé, restera encore chère", prévient le PDG de Toyota France

Frank Marotte, PDG de Toyota France, espère un plan "le plus large possible, en particulier en termes d'accessibilité de prix".

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Radio France
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Un employé masqué sur la ligne de production de la Toyota Yaris, dans l'usine d'Onnaing (Nord), près de Valenciennes, le 23 avril 2020.   (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Un plan d'aide à la filière automobile, durement touchée par deux mois de confinement, sera présenté ce mardi 26 mai par le président Emmanuel Macron, lors d'un déplacement dans une usine de l'équipementier Valeo à Étaples, près du Touquet (Pas-de-Calais). Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a précisé que ce plan serait orienté vers les "technologies vertes" et en échange d'une relocalisation des productions en France. "Néanmoins" une voiture hybride ou électrique dont "le prix de départ est élevé, restera encore chère", a prévenu ce mardi 26 mai sur franceinfo, Frank Marotte, PDG de Toyota France.

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franceinfo. Ce plan est-il à la hauteur des secousses que connaît en ce moment le marché automobile ?

Frank Marotte. Il est ambitieux, incontestablement. Nous pensons qu'un plan de cette nature a le mérite de toucher énormément d'emplois en France et surtout de concerner énormément de consommateurs potentiels. Avec une mobilité que nous avons tous ressentie comme nécessaire, ce plan permettra de relancer la filière. Néanmoins, il faut remplir plusieurs conditions, selon nous. La première, c'est qu'il faut bien sûr continuer à accompagner la transition et de ce point de vue, les idées sont ambitieuses.

Il faut bien sûr que ce plan soit accessible au maximum de consommateurs en termes de pouvoir d'achat, pour relancer au maximum l'industrialisation en France et la production française.

Frank Marotte

à franceinfo

Ce plan répond donc à un certain nombre de problématiques. Il faut aller le plus large possible, en particulier en termes d'accessibilité de prix et certaines technologies sont encore coûteuses, donc il faut être le moins discriminant possible en termes de technologies accessibles.

Pensez-vous qu'avec ce plan une voiture hybride ou électrique pourrait devenir moins chère qu'une voiture thermique ?

À partir du moment où une aide plus importante serait donnée au client, même si ça reste à confirmer, il est mathématique qu'une voiture électrique ou hybride devienne plus accessible. Néanmoins, le prix de départ reste élevé et elle restera encore chère. Il existe une technologie de type hybride non-rechargeable qui a le mérite d'être beaucoup plus accessible en prix et qui ne bénéficie aujourd'hui pas d'aide, alors qu'en plus, elle ne nécessite aucune recharge physique. Il n'y a donc pas de contrainte d'usage non plus pour le consommateur sur le territoire français. C'est celle qu'on propose notamment avec la Yaris hybride produite à Valenciennes, qui est un véhicule qui permet de rouler jusqu'à 80% en électrique en ville. Elle ne bénéficie pas aujourd'hui d'aides à l'achat, tel que le plan serait prévu, alors qu'elle est électrifiée et beaucoup plus accessible que les modèles complètement électriques.

Votre concurrent en France, Renault, s'apprête à supprimer vraisemblablement des centaines de postes, voire à fermer plusieurs de ses sites. Est-ce que ce sera le cas également chez Toyota ?

Toyota vient d'annoncer des investissements importants dans son usine de Valenciennes pour renforcer sa présence industrielle, avec en particulier la production d'un deuxième modèle à partir de 2021, un petit SUV qui viendra compléter le modèle Yaris. On est dans une stratégie de développement et d'investissement sur le territoire français industriellement.

Cette crise va t-elle également changer notre façon d'acheter des voitures, comme l'acheter en quelques clics sur internet ?

Effectivement, cette crise a été un peu un accélérateur de particules en termes de digitalisation du commerce automobile. Un certain nombre d'acteurs de la filière ont développé du e-commerce digitalisée. Néanmoins, nous sommes relativement convaincus chez Toyota que ce type de commerce restera encore marginal. Il y a des pays qui avaient démarré bien plus tôt que l'Europe ou la France la digitalisation et ça n'a jamais dépassé 10-15% des ventes.

Le produit automobile reste un produit qui nécessite un essai dynamique, qui nécessite d'être vu physiquement pour l'achat. C'est un achat important pour les consommateurs. Une visite en concession avec une rencontre physique avec le produit restera quand même privilégiée probablement par la majorité des clients.

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