Le projet de mariage de PSA avec Fiat-Chrysler "nous rend assez optimistes" mais les syndicats resteront "très vigilants"

"C'est quelque chose qui nous rend assez optimistes", a réagi Patrick Michel, le secrétaire général FO de PSA, après le feu vert donné par le conseil d'administration du constructeur au mariage avec l'Italo-américain Fiat-Chrysler. 

Des salariés du constructeur PSA dans l\'usine de Mulhouse, le 9 avril 2019.
Des salariés du constructeur PSA dans l'usine de Mulhouse, le 9 avril 2019. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le conseil d'administration de PSA a donné son feu vert mercredi 30 octobre au mariage avec l'italo-américain Fiat-Chrysler, a appris franceinfo de sources concordantes.

"C'est quelque chose qui nous rend assez optimistes", a réagi sur franceinfo Patrick Michel, le secrétaire général FO du comité de groupement PSA."PSA a déjà prouvé qu'il savait intégrer d'autres constructeurs avec Opel. C'est une opération réussie deux ans après ce premier mariage", souligne Patrick Michel.
Le syndicaliste voit dans cette alliance, un avantage, "c'est d'avoir accès au marché américain, premier marché du monde, et d'avoir enfin une taille qui permettra de se battre avec les plus grands mondiaux, que sont par exemple Volkswagen ou Toyota".

Il faut "faire profiter ses salariés de cette alliance"

Patrick Michel assure toutefois que les syndicats resteront "très vigilants". Ils demanderont à PSA, "cette entreprise qui est rentable, de protéger l'emploi de tous les salariés PSA en Europe et dans le monde, et d'abord en France". Le groupe devra "faire profiter ses salariés de cette alliance, avec pourquoi pas la fabrication d'un véhicule Fiat en Europe et pourquoi pas dans une usine en France". Il rappelle qu'avec le mariage avec Opel, l'usine PSA de Sochaux fabrique déjà "un véhicule Grandland X Opel pour tous les clients de cette marque".

Le secrétaire général FO de PSA avertit le constructeur que les syndicats ne pourront pas admettre "que ce mariage baisse la rentabilité du groupe PSA, baisse les emplois chez PSA, tant du côté de la production que du côté de la conception".

"On doit se battre collectivement"

"Tout va s'aggraver", redoute quant à lui Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez PSA, jeudi 31 octobre sur franceinfo. L'ancien second de la liste conduite par Nathalie Arthaud aux élections européennes invite tous les salariés du groupe à "se battre collectivement". "On a cette expérience chez PSA en interne, quand PSA a racheté Opel : nos camarades en Allemagne et en Angleterre ont payé un lourd tribut, avec 4 000 suppressions d'emploi. Les suppressions d'emploi continuent chez PSA, plus de 30 000 CDI ont été supprimés en France ces cinq dernières années, il y a une explosion de la précarité, des usines qui fonctionnent avec 40, 50% de taux d'intérimaires", déplore Jean-Pierre Mercier.

Le délégué syndical souhaite "que les salariés prennent conscience qu'en étant plus de 400 000 entre Fiat et PSA, on représente une force sociale considérable. Collectivement, on doit prendre conscience qu'on a des intérêts communs à défendre. (...) Maintenant, on est tous liés par le même patron, par les mêmes familles d'actionnaires. Si nos patrons s'unissent, nous, salariés, on doit s'unir par-delà les frontières", affirme-t-il.