Fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune : "On apprend ça brutalement ce matin et franchement c'est violent", réagit le maire "humilié"

"S'ils veulent partir, il faut qu'ils paient et le plus cher possible", lance Olivier Gacquerre dépité.

Le site de Bridgestone à Bethune.
Le site de Bridgestone à Bethune. (DENIS CHARLET / AFP)

"On apprend ça brutalement ce matin et franchement c'est violent", réagit le maire de Béthune, dans le Pas-de-Calais, mercredi 16 septembre sur franceinfo après l'annonce par Bridgestone de fermer son usine dans cette ville. "On se sent humiliés", ajoute l'élu UDI Olivier Gacquerre, alors qu'il essayait de trouver des solutions pour cette usine et ses 863 salariés.

franceinfo : Comment réagissez-vous à l'annonce de la fermeture de l'usine de Béthune ?

Olivier Gacquerre : On se sent humiliés vraiment, parce que depuis plusieurs années nous avions des contacts avec le groupe, avec la direction. On cherchait des solutions, on cherchait un projet industriel, tout allait bien. Et aujourd'hui on nous annonce brutalement que c'est fermé et on l'a appris alors que se tenait ce comité exceptionnel du CE, donc je trouve ça vraiment violent. Il y a un sentiment très profond que finalement la décision a été prise depuis très longtemps. Tous les indicateurs démontrent que c'était voué à l'échec et qu'il y avait cette volonté d'assécher l'usine et de la fermer. Moi, je le pense profondément.

Le secteur de l'automobile est en grande difficulté aujourd'hui. Michelin aussi a dû fermer des usines. Est-ce que cela ne vous avait pas mis la puce à l'oreille ?

Bien sûr, c'est la raison pour laquelle nous avions demandé à ce que l'on puisse retravailler collectivement sur la chaîne de production, sa modernisation, sur ce projet industriel dont je parlais, sur la capacité aussi à changer de produit parce qu'on faisait, sur Béthune, un produit qui trouvait peu de débouchés, des petits pneus de 14 pouces, et donc, on demandait à ce qu'il puisse y avoir une autre forme de production sur les pneus connectés, sur des pneus innovants. À la place, on nous a laissé une production de pneus qui, effectivement, ne trouvent plus de débouchés sur une chaîne de production qui n'a pas été modernisée, avec des maintenances qui n'ont pas été réalisées, plus d'investissements depuis x années. Pendant qu'à Béthune, on avait du mal à sortir nos tickets de production journaliers, en Hongrie, en Pologne, les chaînes se développaient. Bref, on s'attendait à cette chose-là. Maintenant, on aurait aimé être prévenus bien en amont pour qu'on puisse discuter de scénarios alternatifs. Il n'en a rien été. On apprend ça brutalement ce matin et franchement, c'est violent.

Que voulez-vous à présent ?

Dans un premier temps, il faudrait qu'on demande une contre-expertise parce que les patrons nous disent que, dans les différents scénarios qui ont été analysés, la fermeture est le scénario le plus probable. Sauf qu'on n'en a jamais discuté avec eux.

On demande une contre-expertise sur ce qui a été une analyse unanime et unique du groupe Bridgestone.Olivier Gacquerre, maire de Béthunefranceinfo

Deuxièmement, il faut aller chercher le maximum d'argent. S'ils veulent partir, il faut qu'ils paient et le plus cher possible. D'abord pour les familles, pour qu'elles puissent avoir financièrement un peu d'avance, gagner un peu de temps là-dessus, pour qu'il n'y ait pas cette crainte sociale et cette crise qui va s'en suivre. Il fallait nous laisser un peu de temps. Il faut une expertise chiffrée. Je pense que l'usine doit vraiment payer.