Énergie : bras de fer à l'usine de Gardanne, l'une des dernières centrales à charbon en France

Une centaine de salariés occupe l'usine à charbon depuis ce mardi, selon la direction. Ils protestent contre les suppressions de postes dans l'entreprise. 

Article rédigé par
Cyrille Ardaud - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une centaine de salariés se mobilisent depuis mardi 12 octobre à la centrale thermique de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône.  (GERARD JULIEN / AFP)

Alors qu'Emmanuel Macron a dévoilé, mardi 12 octobre, son projet pour relancer l'industrie en France d'ici à 2030 et que la hausse du prix des énergies inquiète partout dans le monde, en France, un bras de fer oppose salariés et direction de l'une des quatre dernières usines à charbon du pays. Elle se trouve à Gardanne, près de Marseille. Depuis hier une centaine de salariés et ex-salariés se mobilisent contre les suppressions de postes et le risque qu'elles font porter sur la sécurité du site. 

Selon la direction, les salariés occupent l'usine et se seraient introduits de manière violente. "La centrale est toujours occupée illégalement", a expliqué mercredi 13 octobre Camille Jaffrelo, responsable communication de GazelEnergie, propriétaire de la centrale, à France Bleu Provence, par des individus munis d'armes de catégorie D : des matraques, des battes de baseball, des bombes lacrymogènes."

Plainte déposée par la direction

La direction annonce avoir porté plainte et demande l'intervention des forces de l'ordre. De son côté, la CGT a une version complètement différente. "L'inspection du travail est passée hier", répond Nadir Hadjali, secrétaire général adjoint du syndicat, elle n'a pas vu de cagoulés, ni de battes ni de rien du tout. On fait un constat d'huissier aujourd'hui. C'est de la diffamation !"

Pour les syndicats, la centaine de suppressions de postes fait peser un risque sur l'usine, classée Seveso. Plus largement les salariés s'inquiètent pour leur avenir. L'autre partie du site, l'unité bio masse n'a quasiment jamais fonctionné en trois ans et certains comme Nicolas craignent a terme, une fermeture totale. "Dans le secteur toutes les industries ferment, constate le salarié, le mieux ce serait que GazelEnergie parte et qu'il y ait un autre repreneur qui veuille vraiment investir et vraiment faire tourner la biomasse, qui nous reprenne et qu'on reparte sereinement." 

La CGT a déposé pour cette usine un projet pour développer la production d’hydrogène, la direction a déposé un projet sembable, mais à ce jour l'État n'a pas encore tranché. 

Le reportage de Cyrille Ardaud est à écouter ici
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