Après les syndicats, l'Etat mobilisé pour sauver Petroplus

Les ministres de l'Economie et de l'Energie assurent que le gouvernement fait pression sur les banques pour aider le groupe suisse et surtout la raffinerie normande de Petit-Couronne qu'il exploite.

(Fabrice Coffrini AFP)

Petroplus a annoncé mardi que, faute de liquidités, ses cinq raffineries européennes n'en avaient plus que pour quelques jours. Parmi elles, celle de Petit-Couronne, près de Rouen, en Seine-Maritime, qui emploie 550 salariés et 350 sous-traitants, et ploie déjà sous une restructuration qui menace 120 postes. Une "situation gravissime ", alertent les élus de gauche de Normandie, Laurent Fabius en tête.

"Le gouvernement doit intervenir dans les heures qui viennent " (Guillaume bachelet, PS)

Le groupe helvétique est à court de pétrole brut (celui qu'il raffine ensuite), car ses fournisseurs ont annoncé hier avoir stoppé leurs livraisons de crainte de ne pas être payés. Le voilà donc en quête d'un milliard de dollars pour continuer son approvisionnement et ainsi faire tourner ses raffineries. Idée des syndicats : "Le gouvernement doit ouvrir les coffres des banques, puisqu'il ne cesse de répéter qu'il faut qu'elles soutiennent l'industrie ", affirme Jean-Luc Brouté, de la CGT. Appel, semble-t-il, entendu. Dans un communiqué commun, les ministres de l'Economie, François Baroin, et de l'Energie, Eric Besson, ont affirmé que les négociations étaient complexes, mais que les banques françaises s'étaient dites "disponibles " pour aider au financement du groupe pétrochimique.

En attendant, l'action Petroplus à Genève a perdu mardi 46%, et hier encore 10,81%. Tandis qu'à Petit-Couronne, les salariés se rongent les sangs. En CE exceptionnel hier, la direction a confirmé que, si aucune solution ne se dessinait, la production pourrait être arrêtée dès la semaine prochaine.

En juin dernier, Petroplus a déjà fermé sa raffinerie de Reichstett dans le Bas-Rhin. Le site employait environ 250 personnes.