VIDEO. ISF : les "carabistouilles" d'Emmanuel Macron

Ce dimanche, en écoutant Emmanuel Macron, on s’est aperçu qu’un sujet revenait en boucle : l'impôt sur la fortune. Sur ce thème, le chef de l'État a-t-il fini par raconter, selon son expression, quelques "carabistouilles" ?

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Dans son premier budget, Emmanuel Macron a transformé l’ISF, l’impôt sur la fortune, en IFI, impôt sur la fortune immobilière. L’idée ? “On a gardé l’impôt sur la fortune quand il est investi dans l’immobilier, a expliqué le président de la République ce dimanche sur BFMTV. Mais on a enlevé l’impôt sur la fortune pour tout ce qui était investi dans l’économie.”

Sont maintenant exonérés : les yacht, voitures de luxe, mais aussi le livret A, assurance-vie et autres placements financiers. Seront-ils pour autant réinvestis par leurs détenteurs dans l’économie française, comme le souhaite le président ? “Non, vous n’avez aucune obligation de réinvestir, vous bénéficiez de cette exonération sans contrepartie” réplique Sabrina Atlan, avocate fiscaliste.

Emmanuel Macron : "Je n'ai pas plus de garanties que vous..."

D’ailleurs le président de la République le reconnaît. “Vous êtes sûr que cet argent n'ira pas dans la spéculation ?", l'a interrogé Edwy Plenel. Réponse : "Je n’ai pas plus de garanties que vous... Et d’ailleurs dans la société, c’est pour ça qu’il faut constamment corriger les choses, il faut évaluer donc moi j’évaluerai dans deux ans.” Rendez-vous donc en 2020...

Pour justifier sa réforme de l’ISF, Emmanuel Macron avance l’argument suivant. “Nous avions des centaines de milliers d’entrepreneurs qui vendaient leur entreprise et qui, parce qu’on les taxait à l’impôt sur la fortune alors même qu’ils voulaient réinvestir dans le pays, s’en allaient.”

Seulement 8 114 contribuables soumis à l'ISF sont partis à l’étranger

Des centaines de milliers seraient partis à cause de l’ISF, vraiment ? L’an dernier, Bercy a remis aux parlementaires un rapport, que nous nous sommes procuré, sur les “contribuables quittant le territoire national”. Voici les chiffres : ils étaient par exemple 901 en 2006, 754 en 2015… Au total, en dix ans, seuls 8 114 Français redevables de l’ISF ont préféré s’installer à l’étranger. Bien loin des centaines de milliers avancés par le président...

Contacté, l’Élysée assure que le président voulait plutôt parler de centaines, voire de milliers d’entrepreneurs. Et c’est garanti sans carabistouille !