"Incompréhensible", "pas le bon taux" : les salariés reçoivent leur première fiche de paie version prélèvement à la source

Le prélèvement à la source, entré en vigueur au 1er janvier 2019, suscite toujours l'inquiétude des contribuables.

Photo d\'illustration.
Photo d'illustration. (GUILLAUME GEORGES / MAXPPP)

Les fiches de paie de janvier 2019 sont en train d'arriver dans les boîtes aux lettres. Ce sont les premières depuis la mise en œuvre de l'impôt prélevé à la source. La mesure suscitait déjà l'inquiétude et l'arrivée des bulletins de salaires n'a pas éteint les interrogations. 

Devant un centre des impôts de Paris, dans le 16e arrondissement, la file d'attente n'est pas interminable, mais il y a plus de monde que d'habitude, en ce lundi 28 janvier. Catherine doit recevoir sa fiche de paie dans la semaine. "C'est incompréhensible, il n'y a rien eu d'expliqué, pas de courrier, regrette-t-elle. J'ai essayé de me renseigner au niveau de mon travail, mais rien. Je ne sais absolument pas à quoi m'attendre en cette fin de mois."

Le discours qui consistait à dire que ce n'était que des appréhensions infondées ne tient plus. Je pense qu'il va y avoir beaucoup de réclamations en ce sens.Faridaà franceinfo

Manifestement, la vaste campagne de communication du gouvernement n'a donc pas suffi. Farida, elle, est venue pour sa fille qui a reçu sa fiche de paie. Le salaire net est plus faible que prévu. "Elle n'a pas le bon taux. Quand elle avait renseigné sa déclaration de revenus, elle avait opté pour un taux de prélèvement personnalisé à 4,40%. Or, elle a constaté sur sa fiche de paie du mois de janvier qu'on a lui avait appliqué un taux à 7,50%. Donc lieu d'être prélevée à hauteur de 99 euros, elle est prélevée de 169 euros, et sur deux mois." La faute, semble-t-il, à un problème de communication entre l'administration fiscale et l'employeur.

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, l'assure : il n'y a aucune remontée préoccupante du terrain. Les syndicats sont bien moins optimistes. "Le bug zéro de toutes façons n'existe pas", explique Anne Guyot-Welk, porte-parole de Solidaires finances publiques, le premier syndicat des salariés du fisc.

Trois syndicats appellent à la grève

"Ça va sûrement générer beaucoup de sollicitations, d'interrogations et de temps pour informer les contribuables, dans un contexte où l'administration est malmenée depuis un trop grand nombre d'années. L'administration, elle a perdu 25 000 emplois en dix ans, elle va en reperdre 2 130 pour l'année 2019. Le prélèvement à la source, on pouvait être pour ou contre, mais quand on met en place un tel chantier, il faut avoir les moyens et on ne les a pas aujourd'hui", poursuit-elle. Solidaires finances publiques et deux autres syndicats appellent à la grève pendant 15 jours dès lundi 28 janvier. Ils comptent notamment bloquer l'accès à des centres d'impôts.