"Il n'est pas normal qu'à l'intérieur de l'UE, nous continuions à tolérer la présence de paradis fiscaux"

Pour Ian Brossat (PCF), la lutte contre l'évasion fiscale doit être une priorité pour l'Union européenne.

Ian Brossat à Paris le 20 novembre 2017.
Ian Brossat à Paris le 20 novembre 2017. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

"La question de l'évasion fiscale, de la fraude fiscale, de la lutte contre ce phénomène doit être une priorité absolue au sein de l'Union européenne", martèle Ian Brossat, lundi 13 mai sur France Inter. "Il n'est pas normal que parmi nos partenaires à l'intérieur de l'UE, il y ait des pays qui nous fassent les poches. Or aujourd'hui, le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas, avec leur fiscalité, nous font les poches et nous privent de recettes fiscales", dénonce la tête de liste du Parti communiste (PCF) aux élections européennes.

Il faut remplacer ce critère absurde du 3% de déficit public indépassable par un autre critère beaucoup plus vertueux, 0% de fraude fiscaleIan Brossat

"Quand on voit qu'on a confié la présidence de la Commission européenne à un ancien dirigeant luxembourgeois, Monsieur Juncker, qui a fait de son pays un paradis fiscal, ça pose question", s'indigne Ian Brossat. "Battons-nous par exemple pour qu'il y ait un taux minimal d'imposition sur les multinationales partout en Europe ! Ça nous permettrait de récupérer 1 000 milliards d'euros, ce qui ne serait pas mal pour nos services publics", suggère-t-il.

"Notre ambition en Europe, ce doit être l'harmonisation sociale par le haut"

Ian Brossat se dit "profondément attaché à l'Union européenne" mais estime que pour la sauver, "il faut l'arrimer à un projet de progrès social". "On est plus fort ensemble que séparés mais on sera encore plus fort si on a aussi de la cohésion sociale, si on a encore le souci de réduire la pauvreté", défend la tête de liste PCF aux élections européennes.

Quand on voit qu'au cours des dix dernières années, le taux de travailleurs pauvres à l'intérieur de l'UE est passé de 7% à 10% et que dans le même temps, notre PIB est passé de 15 000 milliards d'euros à 17 000 milliards d'euros, ça pose questionIan Brossat

"On est plus riches, on a produit plus de richesses et dans le même temps, ceux qui ont produit ces richesses se sont appauvris. Pourquoi ? Parce qu'on explique au travailleur français qu'il doit se serrer la ceinture parce que le Polonais coûte moins cher et on explique au Polonais qu'il doit se serrer la ceinture parce que le Bulgare coûte encore moins cher, affirme Ian Brossart. Notre ambition en Europe, ce doit être l'harmonisation sociale par le haut, et je pense que ce serait un combat beaucoup plus intéressant que le simple respect des 3% de déficit".