La hausse de la TVA au 1er janvier fait trembler la majorité

A 50 jours de l'entrée en vigueur des nouveaux taux de TVA, des élus PS redoutent une nouvelle fronde fiscale.

Le taux intermédiaire et le taux principal de TVA doivent être relevés au 1er janvier 2014.
Le taux intermédiaire et le taux principal de TVA doivent être relevés au 1er janvier 2014. (DURAND FLORENCE / SIPA)

La fronde contre l'écotaxe n'est pas encore tout à fait retombée que la majorité anticipe déjà une nouvelle révolte fiscale. Au 1er janvier, si le taux réduit de TVA sera maintenu à 5%, le taux principal passera de 19,6% à 20%, et le taux intermédiaire sera relevé de 7% à 10%. Ces deux hausses, votées à l'automne 2012, doivent contribuer au financement des 20 milliards d'euros que coûtera le crédit d'impôt compétitivité-emploi (Cice), destiné aux entreprises.

"Attention à la goutte de trop"

Mais dans les rangs socialistes, certains redoutent un nouvel accès de colère sur le terrain. "Entendre le pays, c'est dire que plus aucune hausse d'impôt n’est aujourd’hui recevable", plaide François Kalfon, spécialiste des sondages au PS, dans un entretien à 20 Minutes. Cofondateur de la Gauche populaire, l'élu francilien appelle donc le gouvernement à renoncer à l'augmentation du taux intermédiaire. Dans Le Parisien, un proche de François Hollande estime lui aussi, sous couvert d'anonymat, que "ça va être la merde dès le 1er janvier". "La hausse de la TVA va peut-être être la goutte de trop, faisons-y attention", met en garde le patron des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé.

Sur fond de ras-le-bol fiscal, certains ont d'ores et déjà décidé de réagir. L'Union professionnelle des artisans (UPA), qui représente 1,2 million d'entreprises, a lancé une grande campagne de communication, au nom explicite : "Sacrifiés, mais pas résignés". Soutenus par la Capeb (fédération d'entreprises du bâtiment), les artisans redoutent une baisse d'activité et des suppressions d'emplois, en raison de la hausse du taux de TVA intermédiaire dans le bâtiment, la restauration, l'hôtellerie, les transports… "Un immense plan social se profile à l’horizon", s'alarme l'UPA. 

Et ces petits patrons pourraient bientôt se retrouver au côté… des communistes. Le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon appelle en effet à une marche anti-TVA, le 1er décembre à Paris. "Au total, le gouvernement va ponctionner sept milliards d'euros dans les poches du peuple, tonne l'ancien candidat à la présidentielle sur son blogTout ça pour payer le cadeau de 20 milliards d'euros par an fait au Medef." La CGT, qui estime que la TVA est une taxe "injuste", pourrait, elle aussi, appeler à manifester ce jour-là.

Le gouvernement fait quelques gestes

Redoutant une nouvelle coalition de mécontents, le gouvernement a déjà fait quelques gestes. Dans le bâtiment, tous les travaux de rénovation énergétique des logements passeront au taux de TVA réduit de 5,5%. Dans les loisirs, un fonds spécifique sera créé pour aider les centres équestres à faire face au passage de la TVA sur leur activité de 7% à 20%. Dans la culture, les places de cinéma jouiront de la TVA réduite à 5,5%, plutôt que du taux intermédiaire à 10%… Des gestes qui, pour le moment, sont loin d'avoir contenté tout le monde.