Taxation de l'épargne : le gouvernement se défend de toute "improvisation"

Après son revirement sur la taxation des PEL et PEA, le gouvernement est sous le feu des critiques pour son pilotage de la politique fiscale.

Le ministre de l\'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, le 22 octobre 2013 à l\'Assemblée nationale.
Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, le 22 octobre 2013 à l'Assemblée nationale. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le gouvernement a cédé sous la pression, mais celle-ci n'est pas pour autant retombée. Les critiques venues de l'opposition et des associations d'épargnants fusent, dimanche 27 octobre, après le revirement du gouvernement sur la hausse des prélèvements sociaux pour certains produits d'épargne.

"Il y a une stratégie. On n'est pas dans l'improvisation", a martelé sur Europe 1 le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, sans parvenir à convaincre.

Du côté des associations d'épargnants, le retrait des PEL et du PEA de la mesure ne satisfait pas totalement. Cette décision va "pénaliser les titulaires de contrats d'assurance-vie" soit "le produit d'épargne le plus diffusé après le Livret A", argumente le secrétaire général du cercle des épargnants, Philippe Crevel. "Le gouvernement opte pour un rafistolage au fil de l'eau", regrette-t-il dans un communiqué, estimant qu'"en voulant traiter de manière différenciée les produits d'épargne, le gouvernement ajoute une nouvelle couche d'inégalité de traitement".

"Ce gouvernement est balayé d'un endroit à un autre"

Quant à l'opposition, elle s'en donne à cœur joie devant ce nouvel atermoiement de la majorité. "Cette taxation à 15,5%, c'était tout simplement du vol", déclare le député de l'Eure, Bruno Le Maire, sur Europe 1. "Donc le gouvernement n'avait pas d'autres choix. (...) Ce qui m'inquiète simplement, c'est l'incapacité de ce gouvernement à fixer un cap clair(...). C'est un gouvernement qui est balayé d'un endroit à un autre, qui ne sait plus où il va, qui est obligé de faire marche arrière tellement ses décisions sont impopulaires et incompréhensibles pour les Français."

De son côté, Valérie Pécresse, ex-ministre du Budget, prend l'initiative pour mieux enfoncer le clou. "Je déposerai lundi une proposition de loi constitutionnelle afin d'établir une règle d'or de stabilité pour ramener la confiance dans l'impôt", lance-t-elle sur Twitter.