Services publics dans les campagnes : "C'est une bataille permanente que nous menons"

Le maire communiste d'Allonnes (Sarthe) participe à la mobilisation organisée samedi à Paris, pour défendre les services publics. Gilles Leproust estime sur franceinfo "qu'il y a besoin d'être en alerte" sur ce sujet.

Mobilisation pour la défense des services publics à Marseille, le 26 mai 2018.
Mobilisation pour la défense des services publics à Marseille, le 26 mai 2018. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

"Le maintien des services publics est une bataille permanente", pour le maire communiste d'Allonnes, une ville de 11 000 habitants près du Mans (Sarthe). Gilles Leproust participe au pique-nique citoyen, organisé samedi 23 juin, à l'appel de la convergence nationale des services publics. Il estime sur franceinfo "qu'il y a aujourd'hui besoin d'être en alerte" sur cette question.

Un "village des services publics" a également été installé place de la République, à Paris. Ces collectifs luttent pour le maintien de maternités, de services d'urgence ou de transports dans certaines régions.

franceinfo : Selon un sondage Odoxa paru cette semaine, 70% des Français estiment que les services publics jouent un rôle primordial pour la sauvegarde et le développement des territoires, aussi bien dans les banlieues que les campagnes. Êtes-vous d'accord ?

Gilles LeproustOui. Nous n'avons encore rien inventé de plus efficace pour permettre l'accès aux droits fondamentaux des habitants, comme la culture, l'éducation, la tranquillité... Être mobilisé comme le sont aujourd'hui ces collectifs à Paris me semble être une bonne réponse.

Ces services publics sont-ils adaptés aux territoires aujourd'hui ou est-ce qu'il y a parfois des dysfonctionnements ? Le dédoublement des classes de CP dans les écoles, par exemple, paraît être une bonne idée sur le papier...

C'est effectivement une bonne idée, mais à Allonnes, ça va coûter 35 000 euros sur le budget de la Ville. Nos deux enseignants supplémentaires présents pour intervenir dans les écoles en renfort, dans le cadre du plan "plus de maîtres que de classes", vont également disparaître avec le dédoublement des CP. Aujourd'hui, il y a besoin d'être en alerte, en exigence. Nous n'avons pas assez de policiers, le gouvernement vient de limoger le directeur de l'hôpital psychiatrique parce qu'il se battait pour conserver son autonomie et des moyens pour pouvoir relever le défi... C'est une bataille permanente que nous menons. D'ailleurs, à l'entrée de la ville, nous avons un panneau sur lequel il est écrit "zone préservée services publics" parce que c'est une longue histoire d'actions, de lutte avec les habitants, pour obtenir parfois un certain nombre d'évolutions ou d'avancées.

Vous faites partie des élus de toutes tendances qui se sont regroupés ces derniers mois pour faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir une politique de la Ville plus ambitieuse et adaptée. L'an dernier, 46 millions d'euros ont été retirés au budget de la politique de la Ville. Il y a un mois, le plan banlieue proposé par l'ancien ministre Jean-Louis Borloo a été rejeté par Emmanuel Macron. Avez-vous l'impression d'être entendu quelque part ?

Oui, par les citoyens ! Quand nous avons fait un conseil municipal extraordinaire, il y avait une centaine d'habitants présents. Effectivement, il y a une forme de mépris dans la réponse apportée par le président de la République. Il va s'exprimer à nouveau le 18 juillet. Depuis plusieurs mois, nous avons continué à faire le tour de France des solutions avec Territoires gagnants, l'Association des maires Ville et banlieue et Bleu blanc zèbre. On n'est pas là pour se plaindre. On veut s'appuyer sur ce qui est mis en œuvre par beaucoup d'acteurs locaux pour le généraliser. Pour cela, il faut des moyens supplémentaires mais aussi que ceux qui existent soient plus particulièrement fléchés dans nos territoires.