Prélèvement à la source : Emmanuel Macron connaît "toutes les réponses aux questions" mais "a peur de la réforme", estime Michel Sapin

L'ancien ministre socialiste de l'Économie a réagi sur franceinfo alors que le chef de l'État a réclamé "des réponses" avant la mise en place du prélèvement de l'impôt sur le revenu à la source.

L\'ancien ministre socialiste Michel Sapin, le 8 juin 2018, sur franceinfo.
L'ancien ministre socialiste Michel Sapin, le 8 juin 2018, sur franceinfo. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

Emmanuel Macron "a peur de la réforme. Je croyais que c'était un président qui avait été élu sur le terme de la réforme", a déclaré jeudi 30 août sur franceinfo l'ancien ministre socialiste de l'Économie et des Finances Michel Sapin. Ce dernier réagissait aux propos du chef de l'État, qui a dit souhaiter des réponses précises avant de mettre en place le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, qui doit normalement entrer en vigueur le 1er janvier 2019. "Ce que je crains, c'est qu'à force d'avoir peur de réformer, le président de la République finisse par faire peur aux Français", a ironisé l'ancien ministre.

Je ne veux pas être désagréable avec le président de la République mais il raconte des histoires. Il connaît parfaitement toutes les réponses aux questions poséesMichel Sapinà franceinfo

 "Qu'est-ce qu'il y a de nouveau", s'interroge l'ancien locataire de Bercy. "Quelles sont les questions nouvelles ? A peu près à toutes les questions, des réponses ont été apportées", souligne-t-il. Il rappelle que "lorsque cette réforme a été décidée", Emmanuel Macron "était ministre à Bercy. Il en connaît tous les contours, tous les enjeux. Je ne l'ai jamais entendu dire à l'époque le moindre doute de mettre en place cette réforme".

"Lobby patronal"

La réforme du prélèvement à la source "est une réforme de bon sens", tient à souligner l'ancien ministre. "Il vaut mieux payer son impôt en fonction des revenus du moment plutôt qu'en fonction du revenu de l'année précédente. N'importe qui, parti à la retraite, le sait. N'importe qui ayant eu un problème professionnel le sait". La réforme "pose beaucoup de questions précises auxquelles il faut apporter des réponses", reconnaît-il. "Mais sur tout cela, pendant trois ans, l'administration des finances a travaillé."

Michel Sapin évoque "une pression d'un lobby patronal qui est important" mais admet qu'il est "légitime de répondre à leurs questions. Pour les patrons aussi, il vaut mieux qu'ils paient des impôts en fonction de leurs revenus du moment, qu'en fonction des revenus de l'année précédente".

L'ancien ministre de l'Économie rappelle enfin qu'en Europe, "il n'y a plus que la France et la Suisse qui n'ont pas de prélèvement à la source. Tous les autres ont su le faire et nous on ne saurait pas le faire ? Il n'y a pas besoin d'être gaulois pour avoir un tout petit peu de fierté".