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Pause fiscale : comment le gouvernement a créé la confusion

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a indiqué mardi qu'elle ne serait "effective" qu'en 2015. Mais François Hollande laissait entendre que la pause interviendrait dès 2014.

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France Télévisions
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Le Premier ministre a assuré que la pause fiscale serait "effective en 2015", le 17 septembre 2013. (JOEL SAGET / AFP)

La pause fiscale ? Elle "sera effective en 2015", a assuré le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, mardi 17 septembre, dans un entretien à Metronews. Alors que François Hollande avait estimé, dans une interview au Monde quelques jours avant la présentation du budget 2014 fin août, que "le temps est venu de faire une pause fiscale", cette déclaration du Premier ministre brouille le message du gouvernement.

Francetv info revient sur ce nouveau couac.

Acte 1 : Hollande réaffirme cet engagement sur TF1

Dimanche 15 septembre, au lendemain de la publication d'un sondage dans lequel 84% des Français expriment leur "ras-le-bol fiscal", le président de la République réitère son engagement sur TF1. "En 2014, nous aurions pu poursuivre dans cette trajectoire d'augmenter les impôts. Qu'est-ce que j'ai décidé ? De faire d'abord des économies", explique-t-il.

Acte 2 : Ayrault l'annonce pour 2015

Quelques jours plus tard, Jean-Marc Ayrault le contredit. La pause fiscale "sera effective en 2015". Pour 2014, il va falloir se contenter d'un "ralentissement" de l'augmentation de la pression fiscale, précise le Premier ministre. Il admet que les contribuables seront encore mis à contribution l'an prochain, entre la hausse programmée de la TVA, la baisse du quotient familial ou encore la hausse des cotisations retraite.

Acte 3 : Najat Vallaud-Belkacem tente de rattraper le coup

A la sortie du Conseil des ministres, mercredi 18 septembre, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, tente de dissiper le malentendu. Sans succès. Elle assure que "concrètement, nous commençons bel et bien dès l'année 2014 la pause fiscale qui se confirmera en 2015". Même son de cloche de la part de Marisol Touraine, qui évoque sur BFMTV une "quasi-stabilité fiscale" pour 2014.

BFMTV

Le même jour, Ségolène Royal vole au secours du gouvernement sur LCI et Radio Classique. "Quand on est au mois de décembre 2014 et janvier 2015, il n'y a qu'un mois d'écart. Il ne faut pas chercher de polémique là où il n'y en a pas. Il y aura la pause fiscale en 2014", estime la présidente PS de la région Poitou-Charentes.

L'opposition s'est immédiatement engouffrée dans la brèche. "Concrètement, pour les Français, cette déclaration signifie une nouvelle avalanche fiscale en 2014 et un report de la pause en 2015, voire au-delà", dénonce mardi Jean-Louis Borloo, le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI).

De son côté, la députée UMP de l'Essonne, Nathalie Kosciusko-Morizet, critique le discours du gouvernement sur l'évolution de la fiscalité. Sur i-Télé, elle ironise : "Le gouvernement, sur le sujet, aura utilisé tout l'éventail des expressions, dans un concours de sémantique : on allait augmenter les impôts le moins possible, après ce fut une 'pause fiscale', finalement c'est un 'ralentissement', après un 'ralentissement de la hausse." 

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