Flat taxe : "C'est la fin de la progressivité de l'impôt", "il y aura un problème constitutionnel" dénonce Michel Sapin

L'ancien ministre de l'Économie, Michel Sapin, a critiqué jeudi les mesures fiscales du gouvernement, et en particulier la "flat tax" de 30 % sur les revenus du capital, qui met à mal "un grand principe républicain" selon lui. 

Michel Sapin, ancien ministre de l’Economie et des Finances.
Michel Sapin, ancien ministre de l’Economie et des Finances. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Les députés ont approuvé mercredi 11 octobre en commission l'introduction d'une "flat tax" de 30 % sur les revenus du capital : un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) sera mis en place sur les revenus mobiliers.

Michel Sapin, l'ancien ministre de l'Économie a critiqué cette mesure dans l'émission "Questions d'info" sur LCP avec franceinfo, l'AFP et Le Monde : "Cela me gêne profondément,(...) parce que c'est la fin d'un grand principe républicain. D'ailleurs il y aura un problème constitutionnel, qui est celui de la progressivité de l'impôt. Il y a une question constitutionnelle puisque c'est la fin de la progressivité de l'impôt sur une toute catégorie de revenus", a-t-il estimé.

"Trimer toute sa vie"

L'ancien ministre a détaillé : "L'impôt sur les revenus payé par ceux qui ont un revenu financier, c'est 12,8 %. L'impôt payé par celui qui commence à payer des impôts, c'est 14 %. Ils seront moins imposés que le smicard qui commence à payer un peu plus et qui rentre dans la première tranche", a-t-il critiqué.

"Vous n'avez une fortune que financière, 12,8 %, vous trimez toute votre vie vous êtes à 14, 20, 25, 35 et même 45 %", a-t-il conclu.