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Conférence nationale des territoires : les élus partagés par les annonces d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a proposé aux collectivités un "pacte de confiance", à l'occasion de la conférence nationale des territoires, lundi. Les élus locaux sont partagés face aux annonces du président de la République

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Le président de la République Emmanuel Macron a demandé aux collectivités locales d'économiser 13 milliards d'euros. (IAN LANGSDON / POOL)

Le président de la République a fait face aux élus locaux, lundi 17 juillet, au Sénat, pour la première conférence nationale des territoires. Désormais, cette réunion se tiendra tous les six mois pour permettre aux collectivités locales de revoir leurs relations avec l'État. À cette occasion, le Président a proposé aux élus des diverses collectivités un "pacte de confiance", c'est-à-dire un grand chantier de réformes pour une décentralisation accrue. Les promesses d'Emmanuel Macron ont laissé les élus présents partagés.

Nouveau tour de vis vs davantage de liberté

La scène du Livre de la Jungle où le serpent Kaa hypnotise ses proies pourrait s'avérer une juste comparaison avec le discours d'Emmanuel Macron qu'a tenu, estime Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Il s'inquiète de voir le Président leur promettre plus de liberté contre un nouveau tour de vis sur les finances publiques. "On a un tour de passe-passe qui va se révéler douloureux pour nos concitoyens pour suivre ces recommandations du président de la République." Didier Guillaume, sénateur socialiste de la Drôme retient, lui, cette promesse d'une plus grande liberté pour les collectivités lcoales. "Il a parlé beaucoup d'autonomie, d'expérimentation et d'innovation. Moi cela me va !"

13 milliards d'euros d'économies au programme

Pour obtenir cette liberté, les collectivités locales vont devoir se serrer la ceinture : 13 milliards d'économie au menu au lieu des 10 milliards annnoncés initialement. Si le chef de l'État reconnaît que l'addition est plus salée que les premières annonces, il estime que "c'est une part qui correspond à la part des collectivités territoriales dans l'ensemble de la dépense publique". Mais ces économies préoccupent Charles-Eric Lemaignan, président des communautés de France.

Je ne voudrais pas qu'on soit dans les mêmes inquiétudes que l'Allemagne où, aujourd'hui, les équipements publics sont dans un état calamiteux parce que les collectivités locales n'ont pas investi depuis dix ans

Charles-Eric Lemaignan, président des communautés de France

à franceinfo

Il s'alarme : "Bien sûr, on continuera à faire quelques équipements neufs qu'on ira inaugurer mais tout ce qui est de l'ordre du gros entretien, on le reporte. Ça coûtera à terme beaucoup plus cher !", prévient-il. Face à cette ardoise qui s'alourdit, André Laignel, vice-président de l'Association des maires de France, s'insurge. "Nous n'allons quand même pas accepter uniquement la sueur et les larmes sans qu'il y ait des contreparties pour répondre aux attentes de nos concitoyens ! Ce ne sont pas les élus qui se serrent la ceinture, ce sont nos concitoyens sur notre territoire."

Un plan d'investissement de 10 milliards d'euros

En contrepartie des efforts consentis par les collectivités locales, Emmanuel Macron a promis un plan national d'investissement de 10 milliards d'euros pour aider à la réalisation de projets locaux. Ce n'est pas suffisant pour Sophie Primas, sénatrice Les Républicains des Yvelines. "Je connais beaucoup de collectivités qui ont déjà fait des efforts considérables dans les cinq dernières années et qui sont complètement à l'os aujourd'hui, explique-t-elle. Maintenant, la seule possibilité qu'elles ont c'est de baisser les services publics parce que ce n'est pas avec des plans d'investissement qu'on va payer les centres de loisirs ou les transports scolaires."

Une part de l'impôt national pourrait revenir aux communes

Emmanuel Macron a aussi proposé une commission pour refondre en profondeur la fiscalité locale afin de dépasser la querelle sur la suppression de la taxe d'habitation. Il n'exclut pas non plus qu'une part de l'impôt national revienne aux communes. Il a d'ailleurs promis aux collectivités de ne pas baisser brutalement les dotations, à condition que tout le monde joue le jeu des économies. Le président de la République propose même que l’État reprenne la charge des dépenses sociales comme le RSA transférées aux départements et mal compensées. "Marché de dupe", répond le Républicain Bruno Retailleau, qui retient seulement que les Français continueront de payer.

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