En plein mouvement des "gilets jaunes", le Sénat vote l’allègement de l'"exit tax" et indigne la gauche

Cette mesure, mis en place sous Nicolas Sarkozy en 2011 avec pour objectif de freiner l'exil fiscal, a été considerablement rabotée sur demande du gouvernement.

Le Sénat, en octobre 2012 à Paris.
Le Sénat, en octobre 2012 à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le vote des sénateurs n'est pas passé inaperçu. Lundi 10 décembre, une heure avant la prise de parole d'Emmanuel Macron depuis l'Elysée, le Sénat a voté l'allègement de l'"exit tax" sur demande du gouvernement. Cette taxe, mise en place sous Nicolas Sarkozy en 2011, a pour objectif de freiner l'exil fiscal, notamment vers la Belgique. Ce coup de rabot, en plein mouvement des "gilets jaunes", a fait réagir de nombreuses personnalités de gauche.

Concrètement, "jusqu'à aujourd'hui, les plus fortunés qui partent à l'étranger doivent attendre 15 ans avant de vendre leurs actions, sinon ils payent cet 'exit tax de 30% sur les plus-values qu'ils réalisent à l'étranger", explique Public Sénat. Avec le vote de lundi, les exilés fiscaux devront attendre seulement entre 2 et 5 ans. En 2017, cette taxe avait permis de récolter 70 millions d'euros, selon Les Echos.

"Vous pouvez maintenant vous exiler fiscalement à l'étranger sans payer d'amende ! Voilà l'hypocrisie de Macron et son gouvernement !" a réagi le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. "C'est-à-dire que ceux qui fraudent et qui sont susceptibles de recevoir une amende, eh bien finalement il y a un vote qui fait que ces gens ne vont pas être sanctionnés", a critiqué, de son côté, Olivier Besancenot, cité par le HuffPost. Les sénateurs de gauche ont déposé des amendements de suppression de cet allégement fiscal.