Seine-Saint-Denis : "Assez de rapports ! Des actes !", le coup de gueule du sénateur Dallier

Les questions d’actualité au Sénat jeudi 7 juin ont été marquées par l’intervention du sénateur Les Républicains Philippe Dallier, qui a interpellé Gérard Collomb sur les moyens de l’État engagés en Seine-Saint-Denis. La réforme controversée des normes d’accessibilité pour les personnes handicapées a été évoquée par le communiste Dominique Watrin.

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L’état des services publics et de la présence de l’État en Seine-Saint-Denis a fait bondir le sénateur du département, Philippe Dallier (LR), lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement, qui s’est tenue au Sénat ce jeudi 7 juin. Citant les "conclusions édifiantes" d’un rapport parlementaire, sorti la semaine dernière, sur les missions régaliennes de l’État dans ce territoire de la petite couronne parisienne, l’ancien maire des Pavillons-sous-Bois a apostrophé le ministre de l’Intérieur.

"Au tribunal de Bobigny, les magistrats n’en peuvent plus […] En matière d’éducation, dans nos collèges, on découvre que le mieux doté des collèges de Seine-Saint-Denis, est moins bien doté que le moins bien doté des collèges parisiens", énonce le vice-président du Sénat. "Qu’est-ce que vous entendez faire pour donner un peu de sens au terme d’égalité républicaine dans ce département ?"

"Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone !"

Dans sa réponse, Gérard Collomb a affirmé "partager" ce constat, avant d’énumérer les actions engagées par l’exécutif en faveur des quartiers prioritaires : 466 postes supplémentaires dans l’Éducation, mobilisation de la garde des Sceaux pour le tribunal de grande instance de Bobigny ou encore création de postes chez les forces de l’ordre.

Colère du sénateur durant sa réplique. "Assez de rapports, assez de visites ministérielles. Des actes, des actes, des actes !" Et d’ajouter : "Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone !"

"Votre dispositif fait primer le marché sur la solidarité"


Son collègue le sénateur communiste Dominique Watrin, s’est lui ému de l’abaissement de 100% à 10% du pourcentage de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve. "Votre loi remet en cause le principe de l’accessibilité universelle. Une grave régression sociale, un recul gigantesque selon les associations", s’est exprimé le parlementaire du Pas-de-Calais. Et d’accuser le gouvernement d’avoir "cédé aux lobbies des promoteurs immobiliers".

"Votre dispositif fait primer le marché sur la solidarité, la rentabilité sur les droits fondamentaux de nos concitoyens", dénonce Dominique Watrin, qui demande au gouvernement s’il compte retirer cet article voté par les députés le 1er juin.

"Il ne s’agit pas de revenir en arrière sur ce principe d’accessibilité. Mais nous passons du 100% adaptés aux 100% adaptables (…) Cela signifie que le logement doit répondre aux besoins de chacun et doit l’accompagner tout au long de sa vie", a défendu Christophe Castaner, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche.

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Philippe Dallier, sénateur (LR) de Seine-Saint-Denis, lors des questions d\'actualité au gouvernement, au Sénat, le 7 juin 2018
Philippe Dallier, sénateur (LR) de Seine-Saint-Denis, lors des questions d'actualité au gouvernement, au Sénat, le 7 juin 2018 (Public Sénat)