"Parisiens barrez-vous" : les acheteurs venus d'Île-de-France trop nombreux au Pays basque ?

Alors que les confinements se succèdent, le rejet des Parisiens monte. Plus que la peur qu’ils véhiculent le Covid-19, c’est la flambée des prix de l'immobilier engendrée par leur arrivée en masse qui pose problème.

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Radio France
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Vue d'Urrugne dans les Pyrénées atlantiques. (DIGOIT, O. / ARCO IMAGES GMBH)

À l'annonce du troisième confinement, Hugo, Parisien depuis 10 ans mais Normand d’origine, quitte la région Île-de-France, direction la côte basque. Il a l'intention de s'installer à Biarritz et de télétravailler. Mais à l’arrivée, il la surprise de découvrir quelques inscriptions sur les murs : "Nous avons vu 'Parisiens barrez-vous !' marqué sur une maison".

Des messages similaires ont aussi été retrouvés ces derniers jours dans le village d'Urrugne.

Si Hugo ne décrit pas un mauvais accueil, il rapporte tout de même la mise en garde lancée par la propriétaire de la maison qu'il a louée à Biarritz : "Elle nous a dit de faire très attention aux voisins et c’est vrai que, dès le premier soir, avec une petite baffle qui ne portait pas du tout, on faisait un jeu de cartes et les voisins sont venus, nous ont engueulés, nous ont dit qu’ils allaient appeler les flics et qu’on allait prendre cher vu qu’on était confinés."  

Un anti-parisianisme lié à la flambée de l’immobilier 

Ce n'est pas forcément la peur du Covid-19 qui pose problème mais les tensions sur le marché immobilier. Depuis plusieurs années déjà, les prix ne font qu'augmenter, notamment sur la côte, et le phénomène s’est accentué depuis le début de la pandémie. À tel point que Paul, du village d'Arcangues, ne parvient pas à acheter sa première maison.   

"La demande qui explose fait que nous, on est délogés complètement, en fait."

Paul, un jeune Basque

à franceinfo

"On laisse la place aux gens d’ailleurs qui ont des pouvoirs d’achat qui sont bien plus élevés, des gens plus âgés, proteste Paul. Donc en fait toute la jeunesse locale est obligée de partir ou d'acheter dans le social mais ce sont des procédures qui sont très longues. Ce n’est plus vivant comme avant ! Ça devient des villes touristiques. Ce n’est plus possible, se fâche-t-il. On est en train de détruire la richesse du Pays basque, sa richesse humaine." 

L'hebdomadaire basque Enbata a récemment publié une tribune appelant à "mener des actes de résistance ou de désobéissance civile".   

Trois maisons sur dix sont des résidences secondaires à Bidart

Le prix de l'immobilier est bien hors de contrôle, confirme le maire de Bidart, Emmanuel Alzuri, Mais il appelle à ne pas souffler sur les braises : "Aujourd’hui il y a beaucoup de tensions, beaucoup de crispations. La seule chose que je demande c’est que chacun garde son calme et réfléchisse avec nous aux meilleures solutions à cette problématique du logement dans notre commune." 

La commune applique déjà une surtaxe de 60% sur la taxe d'habitation pour les résidences secondaire et, selon le maire, il faut construire des logements. Mais là aussi, un mur financier se dresse face au commune. "C’est aussi très onéreux parce que la commune n’a pas de réserves foncières. Il faut donc que le foncier dont elle a besoin, elle l’achète. Et malheureusement les prix du foncier aujourd’hui sont fous !". Dans cette commune trois logements sur dix sont des résidences secondaires.

Les Basques s'estiment "délogés" par les Parisiens - Un reportage de Maureen Suignard.
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